À Abidjan, la question de l’héritage demeure l’une des sources les plus fréquentes de conflits familiaux. Pour éclairer l’opinion publique sur les règles en vigueur, le Centre d’Information et de Communication du Gouvernement a consacré une session de sa tribune pédagogique « Tout Savoir Sur » à la succession en Côte d’Ivoire.
Invitée de cette rencontre organisée le 10 mars 2026 par le Centre d’Information et de Communication du Gouvernement, Marie Estelle Bomo N’Goran, sous-directrice de la documentation au ministère de la Justice et des Droits de l’Homme, a apporté des éclairages sur les mécanismes juridiques encadrant l’héritage.
Selon l’experte, la succession correspond à l’ensemble des biens laissés par une personne décédée ainsi qu’au processus de transmission de ces biens à ses héritiers. Lorsque le défunt n’a laissé aucun testament, la loi établit un ordre précis de priorité entre les héritiers.
Les enfants et leurs descendants sont considérés comme héritiers réservataires et reçoivent les trois quarts de la succession. Viennent ensuite les parents, les frères et sœurs, puis les autres membres de la famille jusqu’au sixième degré. Le conjoint survivant bénéficie également de droits : il reçoit le quart de la succession en présence d’enfants ou la moitié lorsqu’il n’y a que d’autres héritiers.
La loi laisse par ailleurs aux héritiers un délai de cinq ans pour se prononcer sur leur décision. Ils peuvent accepter la succession avec les biens et les dettes, accepter sous bénéfice d’inventaire afin de limiter leur responsabilité aux biens hérités, ou encore renoncer à la succession.
Dans ce dernier cas, la renonciation doit être enregistrée au greffe du tribunal du dernier domicile du défunt, avec délivrance d’une attestation officielle.
Si aucun héritier ne se manifeste après cinq ans, la succession peut être déclarée vacante et confiée provisoirement à un curateur désigné par la justice.
En Côte d’Ivoire, ces dispositions sont encadrées par la loi n°2019‑573 du 26 juin 2019 sur la succession en Côte d’Ivoire, adoptée pour clarifier les règles de transmission du patrimoine et prévenir les litiges entre héritiers.