Le tribunal criminel de Dixinn, siégeant exceptionnellement à la Cour d’appel de Conakry, a prononcé, lundi 27 juillet, l’acquittement du colonel Bienvenu Lamah dans le cadre du procès des événements du 28 septembre 2009. L’officier de gendarmerie a été déclaré non coupable des crimes contre l’humanité et de la responsabilité du supérieur hiérarchique qui lui étaient reprochés, mettant ainsi un terme aux poursuites engagées contre lui.
Dans son verdict, le président du tribunal, le juge Thiam, a estimé que la demande de requalification formulée par le ministère public et les parties civiles était devenue sans objet. La juridiction a ordonné la remise en liberté immédiate du colonel Lamah, tout en déclarant recevables les constitutions de parties civiles de la Fédération internationale pour les droits humains (FIDH) et de l’Organisation guinéenne de défense des droits de l’homme.
Le colonel Lamah était poursuivi pour son implication présumée dans la répression du rassemblement de l’opposition organisé au stade de Conakry le 28 septembre 2009. Cette journée avait marqué l’histoire contemporaine de la Guinée par des violences d’une extrême gravité, faisant de nombreux morts, des centaines de blessés et des victimes de violences sexuelles, selon plusieurs enquêtes nationales et internationales.
Cet acquittement intervient dans le cadre d’un procès inédit, considéré comme l’un des plus importants jamais organisés en Guinée pour établir les responsabilités des principaux acteurs présumés de ces massacres. Si la décision blanchit le colonel Lamah, elle ne remet pas en cause la poursuite des autres procédures engagées contre les personnes poursuivies dans ce dossier emblématique de la lutte contre l’impunité dans le pays.