Le Front national pour la défense de la Constitution (FNDC) a franchi une nouvelle étape dans son bras de fer avec les autorités guinéennes. L'organisation a rendu publique une liste de 24 personnalités qu'elle accuse d'être impliquées dans des enlèvements, des disparitions forcées, des séquestrations et des actes de torture visant des acteurs de la société civile, des opposants politiques et des militants pro-démocratie.
En tête de cette liste figure le président, le général Mamadi Doumbouya, suivi de plusieurs hauts responsables de l'État, parmi lesquels le ministre secrétaire général de la présidence, le général Amara Camara, le Premier ministre Amadou Oury Bah, des officiers supérieurs des forces de défense et de sécurité ainsi que des proches du pouvoir.
Le FNDC affirme vouloir s'appuyer sur ce document pour engager d'éventuelles poursuites devant les juridictions guinéennes et plusieurs instances internationales, notamment les Nations unies, la Cour pénale internationale, la Cour de justice de la CEDEAO, l'Union africaine, Amnesty International et Human Rights Watch.
L'organisation cite notamment les disparitions de Foniké Menguè, de Mamadou Billo Bah et du journaliste Habib Marouane Camara comme des dossiers emblématiques de la dégradation des droits humains en Guinée.
À ce stade, les personnalités mises en cause n'ont pas réagi à ces accusations. Depuis l'arrivée au pouvoir du général Mamadi Doumbouya en 2021, les organisations de défense des droits humains dénoncent un rétrécissement de l'espace civique, marqué par la répression des manifestations, les arrestations d'opposants et la multiplication des disparitions forcées.