Le procès en appel de l'ancien Premier ministre guinéen, Ibrahima Kassory Fofana, marque un nouveau tournant judiciaire. Jeudi 2 juillet 2026, la chambre des appels de la Cour de répression des infractions économiques et financières (CRIEF) a confirmé sa culpabilité, tout en révisant partiellement la décision rendue en première instance.
La juridiction a ramené sa peine de cinq ans à trois ans et neuf mois d'emprisonnement, une durée que l'ancien chef du gouvernement a déjà largement purgée au cours de sa détention. En revanche, la qualification des faits retenus évolue. Relaxé du chef de détournement de deniers publics, il est néanmoins reconnu coupable d'enrichissement illicite et de blanchiment de capitaux.
Outre cette peine, la Cour condamne M. Fofana au paiement d'une amende de deux milliards de francs guinéens et de trois milliards de francs guinéens de dommages et intérêts au profit de l'État guinéen, constitué partie civile. La confiscation de ses avoirs saisis est également confirmée et leur gestion est confiée à l'Agence de gestion et de recouvrement des avoirs saisis et confisqués.
Cette décision ne met toutefois pas un terme à l'affaire. Les avocats de l'ancien Premier ministre dénoncent plusieurs contradictions dans l'arrêt et annoncent un pourvoi en cassation. Le parquet général a également indiqué qu'il saisirait la juridiction suprême, ouvrant ainsi un nouvel épisode dans ce dossier emblématique de la lutte contre la corruption en Guinée.