Guinée : « Toumba » Diakité meurt en détention

Jeudi 26 Mars 2026 08:35

Condamné pour le massacre de 2009, « Toumba » Diakité est mort en détention après une hospitalisation d’urgence.


Toumba », ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, est décédé
Une page sombre de l’histoire récente de la Guinée se referme avec la disparition d’un de ses protagonistes les plus controversés. Aboubacar Diakité, plus connu sous le surnom de « Toumba », ancien aide de camp du capitaine Moussa Dadis Camara, est décédé le 25 mars 2026 à 4h35 du matin, selon un communiqué de l’administration pénitentiaire guinéenne.
 

L’homme, condamné à dix ans de prison pour son rôle dans le massacre du 28 septembre 2009, avait été admis en soins intensifs la veille, après un malaise survenu en détention. Malgré une prise en charge rapide à l’hôpital militaire du camp Samory Touré, son état s’est rapidement dégradé.
 
Un acteur central d’un drame national

Le nom de « Toumba » Diakité reste indissociable du massacre du massacre du 28 septembre 2009, considéré comme l’un des épisodes les plus tragiques de l’histoire contemporaine du pays. Ce jour-là, au Stade du 28 septembre, des milliers de manifestants réunis pour protester contre le pouvoir militaire avaient été violemment réprimés.
 

Les forces de sécurité avaient ouvert le feu sur la foule. Le bilan officiel faisait état de 156 morts ou mourants, tandis qu’au moins 109 femmes avaient été victimes de violences sexuelles. Une tragédie qui avait profondément marqué la société guinéenne et suscité une onde de choc à l’international.
 

Condamné dans le cadre du procès de ces événements, Aboubacar Diakité purgeait sa peine depuis son extradition de Dakar en 2017, après son arrestation en 2016. Il devait théoriquement retrouver la liberté en 2027.
 
Une santé fragile et un transfert contesté

Les circonstances ayant précédé son décès soulèvent déjà des interrogations. Selon les autorités judiciaires, « Toumba » Diakité présentait un tableau clinique préoccupant : douleurs abdominales persistantes, troubles digestifs, tuméfaction épigastrique et insomnies chroniques.
 

Son état de santé s’était aggravé après son transfert controversé de la maison centrale de Conakry vers la prison de Coyah, à une cinquantaine de kilomètres de la capitale. En février dernier, ses avocats avaient dénoncé une décision « illégale », prise à la suite d’un incident lors d’une fouille carcérale.
 

Ce transfert s’était déroulé dans un climat de tension extrême, marqué par des échanges de tirs rapportés par des témoins dans le quartier. Un épisode qui avait ravivé les inquiétudes autour des conditions de détention et de sécurité.
 
Une mort qui appelle des éclaircissements

Face à la sensibilité du dossier, les autorités guinéennes assurent qu’un rapport détaillé sera transmis aux juridictions compétentes afin de faire toute la lumière sur les circonstances exactes du décès.
 

La disparition de « Toumba » Diakité intervient alors que le souvenir du massacre du 28 septembre reste vif dans les mémoires. Pour de nombreux Guinéens, elle ravive à la fois les douleurs du passé et les attentes persistantes en matière de justice et de vérité.

 
Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan