Le Comité des chefs d'état-major de la défense de la Communauté économique des États de l'Afrique de l'Ouest (Cédéao) est monté au créneau pour défendre l'intégrité de sa récente mission en Guinée-Bissau. Réuni à Freetown, en Sierra Leone, l'organe militaire régional a rejeté avec fermeté les accusations de corruption relayées par certains médias et sur les réseaux sociaux, les qualifiant de « totalement fausses », « infondées » et dénuées de toute preuve.
Selon le communiqué officiel, la délégation, en mission à Bissau du 19 au 23 juin 2026, n'a été ni approchée ni impliquée dans une quelconque tentative de corruption. Le Comité souligne qu'aucune plainte n'a été enregistrée auprès de ses membres, de la Mission d'appui à la stabilisation de la Cédéao en Guinée-Bissau (ESSMGB) ou encore de l'hôtel Bissau Royal où les responsables étaient hébergés.
Les autorités bissau-guinéennes abondent dans le même sens. Le Conseil national de transition (CNT) et la direction de l'établissement hôtelier ont publiquement démenti les allégations, affirmant qu'aucun incident n'a entaché le séjour de la délégation. Le CNT est même allé plus loin en annonçant l'ouverture de poursuites judiciaires contre la journaliste Paula Borges, accusée d'avoir diffusé des informations mensongères à l'origine de la polémique.
Au-delà de cette controverse, la mission de la Cédéao s'inscrivait dans un objectif stratégique : évaluer la mise en œuvre du mandat révisé de l'ESSMGB, examiner les conditions d'un retrait progressif de la mission et poursuivre les échanges avec les autorités sur les questions de paix, de sécurité et de retour à l'ordre constitutionnel.
Dans un contexte politique toujours fragile, marqué par la transition ouverte après la prise du pouvoir par l'armée en novembre 2025, la Cédéao réaffirme son engagement en faveur de la stabilité de la Guinée-Bissau. L'organisation régionale invite également les médias à faire preuve de responsabilité et de rigueur dans le traitement des informations touchant à la sécurité, estimant que la diffusion de rumeurs peut fragiliser les efforts de paix engagés dans le pays.