Le Kenya affiche désormais une position ferme face au recrutement de ses citoyens dans le conflit opposant la Russie à l’Ukraine. Cette réaction intervient après la découverte de nombreux cas de Kényans envoyés au front, souvent à la suite de promesses d’emplois trompeuses.
En visite à Moscou le 16 mars, le chef de la diplomatie kényane, Musalia Mudavadi, a annoncé que la Russie avait accepté de mettre fin à l’enrôlement de ressortissants kényans dans son armée. « Nous sommes désormais convenus que les Kényans ne doivent plus être enrôlés », a-t-il déclaré à l’issue de ses échanges avec son homologue russe, Sergueï Lavrov.
Selon les services de renseignement kényans, plus de 1 000 ressortissants auraient été envoyés combattre sous uniforme russe sur le front en Ukraine. À ce jour, seule une trentaine d’entre eux ont été rapatriés, tandis que de nombreux autres sont présumés morts.
De son côté, Sergueï Lavrov a affirmé que ces combattants étaient des volontaires et que leur engagement respectait la législation russe. Il a toutefois reconnu les préoccupations de Nairobi et assuré que les demandes relatives aux ressortissants kényans seraient désormais transmises au ministère russe de la Défense pour examen.
Plusieurs enquêtes médiatiques, notamment celles de l’Agence France-Presse, ont révélé que des Kényans, souvent sans expérience militaire, avaient été attirés par de fausses offres d’emplois civils bien rémunérés en Russie. Une fois sur place, ils étaient contraints de signer des contrats avec l’armée russe et envoyés sur le front.
Ce phénomène ne concerne pas uniquement le Kenya. Fin février 2026, Afrique du Sud avait obtenu le rapatriement de 15 de ses ressortissants, piégés dans les combats dans la région du Donbass, après avoir été recrutés dans des conditions similaires.
Au Kenya, ces révélations ont provoqué une vive émotion. Des centaines de familles ont dénoncé une vaste tromperie, poussant le gouvernement à réagir avec fermeté pour protéger ses citoyens et empêcher de nouveaux recrutements.
Face à cette situation, Nairobi entend désormais renforcer les mesures de prévention et de contrôle afin d’éviter que ses ressortissants ne soient à nouveau impliqués, malgré eux, dans le conflit entre Russie et Ukraine.