Ghana : la loi anti-LGBTQ+ ravive les tensions autour des libertés individuelles

Lundi 8 Juin 2026 13:00

Le vote d’une loi anti-LGBTQ+ et la tenue d’une conférence sur les « valeurs familiales » suscitent une vive controverse au Ghana.


À Harlem, des manifestants dénoncent le projet de loi anti-LGBTQ+ actuellement débattu au Ghana.
 

Le Ghana est au cœur d'un débat sociétal qui dépasse désormais ses frontières. Le Parlement a adopté, le 29 mai dernier, un texte renforçant la répression des personnes LGBTQ+ et criminalisant également le soutien ou la promotion des activités liées à cette communauté. La loi prévoit jusqu'à trois ans d'emprisonnement pour les personnes concernées.
 

Cette décision a provoqué une mobilisation d'organisations de défense des droits humains à Accra. Une centaine de manifestants ont défilé dans les rues de la capitale pour dénoncer ce qu'ils considèrent comme une atteinte aux libertés fondamentales. Les associations affirment que l'annonce du vote a déjà favorisé des actes de discrimination, d'exclusion sociale et des difficultés d'accès aux soins pour certaines personnes.
 

La contestation vise également la quatrième Conférence interparlementaire africaine sur les valeurs familiales, organisée cette semaine à Accra. Réunissant des représentants de 19 pays, la rencontre a débouché sur l'adoption d'une charte réaffirmant notamment l'opposition à l'avortement et la défense du modèle familial traditionnel.
 

Pour les promoteurs du texte, il s'agit de préserver des valeurs culturelles et religieuses considérées comme constitutives de l'identité africaine. Ils estiment que les pressions internationales remettent en cause des conceptions traditionnelles du mariage et de la famille.
 

Toutefois, l'avenir de la loi reste incertain. Des interrogations subsistent sur la validité du vote parlementaire, réalisé en présence d'un nombre limité de députés, inférieur au quorum requis par la Constitution. Plusieurs observateurs estiment qu'un nouveau vote pourrait être organisé afin de sécuriser juridiquement le texte.
 

Cette controverse illustre la fracture croissante entre défenseurs des droits individuels et partisans d'un conservatisme assumé, dans un Ghana devenu l'un des principaux théâtres de ce débat sur le continent africain.

Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan