Gabon : Une nouvelle ère de prospérité durable

Mardi 17 Février 2026 22:07

Au cœur de l’Afrique centrale, entre océan et forêt, le Gabon s’impose comme un modèle de stabilité et de résilience. Riche de ses ressources naturelles, fort d’une position géostratégique exceptionnelle et désormais résolument tourné vers la diversification de son économie, le pays trace les contours d’un avenir fondé sur la durabilité, la bonne gouvernance et l’inclusion. De Libreville à Franceville, une dynamique nouvelle s’installe, portée par une ambition nationale : faire du Gabon un hub moderne, vert et prospère au sein du continent africain.


Un héritage de stabilité et d’identité : le Gabon au cœur de l’Afrique centrale

Situé sur la côte atlantique du golfe de Guinée, le Gabon s’étend sur près de 267.000 km², entre le Cameroun au nord, le Congo au sud et à l’est, et la Guinée équatoriale au nord-ouest. Avec plus de 2,3 millions d’habitants, le pays offre une densité faible, qui laisse une large place à la nature. Environ 85 % du territoire est couvert de forêts tropicales,  un atout écologique majeur qui fait du Gabon un véritable poumon vert de la planète.
Bordé de rivières majestueuses, de savanes et de parcs nationaux classés parmi les plus préservés d’Afrique, le pays a su préserver un équilibre rare entre modernité et environnement. Libreville, la capitale, incarne cette dualité : une métropole côtière dynamique, ouverte sur le monde, mais encore ancrée dans une nature omniprésente.
L’histoire du Gabon est intimement liée à celle du golfe de Guinée, point de rencontre entre civilisations bantoues et influences européennes. 
Avant la colonisation, le territoire était habité par de nombreux peuples, dont les Fang, les Myènè, les Punu, les Nzebi et les Obamba, dont les cultures demeurent vivantes à travers la langue, l’art et les traditions orales.
Colonisé par la France à la fin du XIXe siècle, le Gabon devient en 1910 l’un des territoires de l’Afrique équatoriale française. L’indépendance, acquise en 1960, marque le début d’une période de construction nationale, sous la présidence de Léon Mba, puis de Omar Bongo Ondimba, qui assurera la stabilité du pays pendant plusieurs décennies.
Au fil des années, le Gabon a consolidé sa réputation de havre de paix dans une région parfois marquée par des crises. Cette stabilité politique relative a favorisé l’investissement et permis l’émergence d’une classe moyenne urbaine. 
La culture gabonaise, quant à elle, s’est imposée comme un creuset d’influences : musique, sculpture, gastronomie et spiritualité, notamment à travers les rites initiatiques du bwiti, qui témoignent d’un profond enracinement identitaire.

Du pétrole à la 
diversification : 
un modèle économique 
en mutation
Pendant plusieurs décennies, l’économie gabonaise a reposé sur l’exploitation du pétrole, découvert dans les années 1950. Le pays est rapidement devenu l’un des producteurs majeurs d’Afrique subsaharienne, tirant de cette ressource l’essentiel de ses revenus d’exportation. Cette rente pétrolière a permis au Gabon d’atteindre un niveau de vie supérieur à la moyenne régionale, mais elle a aussi exposé son économie à la volatilité des cours mondiaux.
Conscient de cette dépendance, le gouvernement d’Ali Bongo a engagé depuis le début des années 2010 une stratégie de diversification ambitieuse, inscrite dans le cadre du Plan Stratégique Gabon Émergent (PSGE). Ce plan repose sur trois piliers : le Gabon industriel, le Gabon vert et le Gabon des services.
Le Gabon industriel vise à transformer localement les ressources nationales, notamment le bois, le manganèse et le pétrole. Libreville et Port-Gentil accueillent aujourd’hui des zones économiques spéciales, comme celle de Nkok, vitrine d’une industrialisation naissante où des entreprises locales et étrangères investissent dans la transformation du bois, la métallurgie et la chimie.
Le Gabon vert, pour sa part, incarne la vision d’un développement durable. Le pays a pris une position pionnière dans la préservation de la biodiversité et la lutte contre le changement climatique. En 2002, la création de treize parcs nationaux couvrant près de 11 % du territoire a marqué un tournant écologique historique. 
Aujourd’hui, le Gabon est reconnu internationalement pour sa gestion exemplaire des forêts et son engagement dans la finance carbone, en tant que l’un des rares pays au monde à absorber plus de carbone qu’il n’en émet.
Enfin, le Gabon des services mise sur l’éducation, le numérique, les télécommunications et la finance. Libreville s’affirme comme un centre d’affaires régional, tandis que la jeunesse gabonaise, connectée et entreprenante, investit les domaines du digital, de la création culturelle et de l’innovation technologique.
L’agriculture et la pêche, longtemps marginalisées, bénéficient également d’une attention renouvelée. Le gouvernement encourage la sécurité alimentaire et la valorisation des filières locales : palmier à huile, manioc, cacao, café, et aquaculture. Ces secteurs émergents représentent désormais un levier essentiel pour l’emploi et la croissance inclusive.

Gouvernance, jeunesse 
et durabilité : cap sur 
le Gabon de demain
L’avenir du Gabon repose sur un triptyque essentiel : bonne gouvernance, inclusion et durabilité. La réforme de l’État, amorcée ces dernières années, vise à moderniser l’administration, renforcer la transparence et améliorer la gestion des finances publiques.
Sur le plan institutionnel, le pays poursuit une transition politique marquée par le renouvellement de ses élites et un dialogue national inclusif. Les autorités gabonaises affichent la volonté de bâtir une démocratie apaisée, fondée sur la participation citoyenne et la consolidation des institutions.
La jeunesse gabonaise, qui représente plus de 60 % de la population, se positionne comme le moteur du changement. Dans les universités, les start-ups et les incubateurs, une nouvelle génération d’entrepreneurs s’affirme, portée par l’ambition d’un Gabon connecté au monde et fier de ses racines africaines. Le développement du numérique, soutenu par une meilleure connectivité et des infrastructures modernes, ouvre la voie à de nouvelles opportunités économiques, notamment dans les services, la culture et le tourisme.
Le tourisme durable, justement, constitue l’un des piliers de la diversification à long terme. Avec ses parcs nationaux, sa faune exceptionnelle et ses plages encore préservées, le Gabon aspire à devenir une destination éco-touristique de référence. Les initiatives locales, souvent portées par des communautés rurales, allient valorisation du patrimoine et respect de l’environnement, contribuant à faire du pays un modèle de croissance verte.
Sur la scène internationale, le Gabon renforce sa voix. Membre actif de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC) et de la Communauté économique des États de l’Afrique centrale (CEEAC), il s’affirme également comme un acteur engagé au sein des Nations unies, notamment sur les questions environnementales et de développement durable.
L’héritage diplomatique du pays, marqué par une tradition de médiation et de coopération pacifique, reste un atout majeur. Libreville, souvent choisie comme lieu de dialogue pour les grandes causes africaines, demeure un symbole de neutralité et de stabilité.

Un modèle de 
résilience africaine
Le Gabon entre dans une nouvelle ère, celle de la transformation maîtrisée. S’appuyant sur ses ressources naturelles, son capital humain et son engagement pour la durabilité, le pays ambitionne de devenir, à l’horizon 2035, une économie diversifiée, compétitive et inclusive.
Dans un monde en quête de nouveaux équilibres écologiques et économiques, le Gabon incarne une promesse rare, celle d’une croissance durable au service de l’homme et de la nature.
De Libreville à Oyem, de Port-Gentil à Franceville, souffle un vent d’optimisme et de confiance, celui d’un peuple fier de son identité, résolu à bâtir un avenir à la hauteur de ses potentialités.

Koffi Félix N'Guessan