Une nouvelle crise secoue les instances dirigeantes du football mondial. L'Union des associations européennes de football (UEFA) a menacé de boycotter les prochaines compétitions organisées par la FIFA si cette dernière maintient son projet de création d'une société commerciale ouverte à des investisseurs privés. Une initiative portée par le président de la FIFA, Gianni Infantino, qui suscite une vive opposition au sein de plusieurs confédérations.
Réunies à l'unanimité, les 55 fédérations membres de l'UEFA dénoncent un projet élaboré sans concertation. Elles estiment que la gestion du calendrier international, des compétitions et des droits commerciaux ne doit pas être dictée par les intérêts d'actionnaires, mais rester au service du développement du football. Pour l'instance européenne, cette réforme risque de transformer davantage le football mondial en produit financier qu'en bien sportif.
Le projet de la FIFA prévoit la création d'une structure chargée de gérer les droits de diffusion, le sponsoring, la billetterie, les licences commerciales ainsi que les grandes compétitions, dont la Coupe du monde. Si la FIFA assure qu'elle conservera le contrôle de cette société, elle souhaite ouvrir son capital à des investisseurs privés afin d'accroître ses revenus. En contrepartie, elle promet notamment une enveloppe exceptionnelle de 20 millions de dollars aux fédérations qui soutiendront cette réforme à partir de 2027.
La contestation dépasse l'Europe. La CONCACAF a officiellement rejeté la proposition, tandis que la Confédération asiatique (AFC) regrette de ne pas avoir été consultée en amont. Plus prudente, la Confédération africaine de football (CAF) appelle ses associations membres à examiner le projet avant de se prononcer.
Malgré cette levée de boucliers, la FIFA a confirmé son intention de poursuivre son plan. Les 211 fédérations membres disposent jusqu'au 19 septembre pour voter. Ce bras de fer entre Gianni Infantino et Aleksander Ceferin pourrait redéfinir durablement les équilibres du football mondial et raviver les tensions entre logique économique et gouvernance sportive.