Le fabricant ivoirien Filtisac SA traverse une crise marquée par la fermeture de son atelier de filature et une vaste restructuration destinée à restaurer sa rentabilité. Confrontée à la hausse des coûts de production et aux tensions sur l’approvisionnement en jute, l’entreprise a choisi d’abandonner la production interne de fil pour s’approvisionner directement sur le marché international.
Les indicateurs financiers confirment une situation préoccupante. Le bénéfice net a chuté de 97,5 %, tandis que la trésorerie est passée de +18,83 milliards à -11,52 milliards de FCFA. Malgré une hausse de 5 % du chiffre d’affaires, les marges se sont fortement comprimées sous l’effet des coûts logistiques et des perturbations d’approvisionnement.
À la BRVM, le titre Filtisac a connu une forte correction, perdant près de 60 % sur un an et évoluant désormais autour de 2 000 FCFA. Les investisseurs s’inquiètent de la chute des résultats et de la dégradation de la trésorerie, même si une phase de stabilisation semble s’installer après plusieurs mois de baisse continue.
La restructuration a également un impact social important. Au total, 84 emplois ont été supprimés, dont 58 dans la filature. Trente salariés ont pu être reclassés dans d’autres unités, mais les syndicats dénoncent une décision difficile, estimant que l’entreprise privilégie la survie financière au détriment de l’outil industriel.
Malgré ces difficultés, certains signaux restent encourageants. La demande en sacs d’emballage progresse grâce à la campagne cacao 2026, entraînant une hausse de 50 % des volumes au premier trimestre. Cette dynamique pourrait offrir un soutien temporaire à l’activité, même si la pression sur les coûts demeure élevée.
Les prochains résultats trimestriels seront décisifs pour évaluer l’efficacité du plan de redressement. Entre dépendance aux importations de jute, volatilité des marchés et contraintes financières, Filtisac engage une phase critique de son avenir industriel, où chaque décision pèsera sur sa trajectoire à long terme.