Filière cacao :L’État maintient le prix à 2 800 F CFA et lance l’offensive contre la crise

Mardi 17 Février 2026 21:14

Confrontée à la chute des cours mondiaux et à l’engorgement des stocks dans les zones de production, la Côte d’Ivoire maintient le prix bord champ du cacao à 2 800 F CFA/kg jusqu’au 30 mars 2026. Le gouvernement, engagé dans un dispositif d’achat massif des fèves invendues, veut rassurer les planteurs et restaurer la liquidité dans la filière.


Face aux turbulences du marché international, le gouvernement ivoirien affiche sa fermeté : le prix garanti de 2 800 F CFA le kilogramme demeure inchangé jusqu’au 30 mars 2026.
Cette décision vise à protéger les revenus des producteurs, alors que les cours mondiaux ont reculé de près de 30 % sur les places boursières, notamment à Londres.
Premier exportateur mondial avec près de 45 % de la production planétaire, la Côte d’Ivoire traverse une période délicate. Les fèves s’accumulent dans les coopératives, notamment dans les zones d’Agboville, d’Abidjan et de San Pedro, faute d’acheteurs solvables.
Le système de commercialisation, habituellement fluide, s’est grippé sous l’effet conjugué de la baisse des prix internationaux et des tensions de trésorerie chez certains exportateurs. Dans ce contexte, l’État a décidé de passer à l’action. Le Conseil du Café-Cacao (CCC), organe régulateur de la filière, a entamé l’achat des stocks invendus afin de rétablir la liquidité au profit des producteurs.
Selon son directeur général, Yves Brahima Koné, l’opération a effectivement démarré, avec les premiers enlèvements de sacs dans les coopératives et leur acheminement vers les unités de transformation, notamment l’usine publique Transcao.
L’État agit comme intermédiaire financier : il avance les fonds nécessaires, avant d’être remboursé ultérieurement par les exportateurs lors de la revente des stocks.
Objectif affiché : garantir que chaque planteur perçoive effectivement le prix fixé par le gouvernement.
Cette crise constitue l’un des premiers défis économiques majeurs du quatrième mandat du président Alassane Ouattara. Le secteur du cacao représente environ 14 % du PIB et fait vivre près de cinq millions de personnes.
Si des divergences subsistent sur le volume exact des stocks bloqués, les autorités se veulent rassurantes.
Le message est clair : malgré la tempête sur les marchés internationaux, le prix de 2 800 F CFA/kg reste garanti jusqu’au 30 mars 2026.
Pour Abidjan, il s’agit non seulement de préserver la stabilité sociale en milieu rural, mais aussi de défendre un modèle de régulation destiné à protéger durablement les producteurs face aux fluctuations du marché mondial.

Koffi Félix N'Guessan