En Éthiopie, près de 50 millions d’électeurs sont appelés aux urnes ce lundi 1er juin 2026 pour renouveler les 547 sièges du Parlement. Un scrutin qui devrait, selon de nombreux observateurs, conforter la domination du Premier ministre Abiy Ahmed et de son Parti de la prospérité.
Au pouvoir depuis 2018, Abiy Ahmed brigue un troisième mandat dans un contexte marqué par des tensions sécuritaires persistantes, notamment dans les régions de l’Amhara et de l’Oromia, où des affrontements ont émaillé la campagne électorale. Malgré ces difficultés, les autorités assurent que le vote se déroule dans des conditions satisfaisantes.
La Commission électorale nationale met en avant des chiffres témoignant du pluralisme politique : 47 partis enregistrés, plus de 10 000 candidats et des millions d’électeurs mobilisés. Toutefois, l’opposition dénonce un processus déséquilibré et estime que les conditions d’une véritable alternance ne sont pas réunies.
Pour le chercheur norvégien Kjetil Tronvoll, spécialiste des conflits et de la paix, ces élections visent davantage à renforcer la légitimité du pouvoir qu’à offrir une réelle compétition politique. Plusieurs analystes prévoient ainsi une nouvelle victoire du Parti de la prospérité, qui contrôle déjà 457 sièges au Parlement.
Parallèlement aux enjeux politiques, de nombreux citoyens attendent surtout une amélioration de leurs conditions de vie. Entre inflation, insécurité et ralentissement économique, beaucoup espèrent que le retour de la paix permettra enfin d’accélérer le développement du pays, deuxième nation la plus peuplée d’Afrique avec environ 130 millions d’habitants.