Le système éducatif ivoirien est engagé dans une transformation progressive, marquée par une augmentation notable des infrastructures et un effort soutenu de recrutement du personnel enseignant. À mesure que les écoles se multiplient à travers le pays, la question de l’encadrement des élèves s’impose comme un défi majeur pour les autorités.
Dans cette dynamique, le gouvernement a récemment lancé un concours exceptionnel pour le recrutement de 2 000 professeurs contractuels destinés à l’enseignement secondaire général, avec un accent particulier sur les mathématiques et les sciences physiques. Organisées simultanément dans plusieurs villes, dont Abidjan, Bouaké, Korhogo, Daloa et Abengourou, les épreuves écrites ont mobilisé 7 668 candidats, sur un total de 43 761 inscrits.
Ce recrutement ciblé répond à une urgence bien identifiée : combler le déficit d’enseignants dans les disciplines scientifiques, essentielles pour la formation d’une main-d’œuvre qualifiée et compétitive. Les candidats retenus bénéficieront d’une formation encadrée, avec l’appui de l’École normale supérieure (ENS) d’Abidjan, de la Société mathématique de Côte d’Ivoire et de partenaires internationaux. À l’issue de deux années de suivi, ils seront intégrés à la fonction publique.
Selon le ministre de l’Éducation nationale, de l’Alphabétisation et de l’Enseignement technique, N’Guessan Koffi, cette stratégie s’inscrit dans une vision à long terme. Il s’agit non seulement de répondre aux besoins immédiats, mais aussi de constituer un vivier solide d’enseignants capables de relever les défis de l’enseignement scientifique.
Ces efforts s’ajoutent à une politique de recrutement soutenue depuis plus d’une décennie. Entre 2011 et 2024, 69 071 enseignants ont été recrutés dans le primaire, soit une moyenne annuelle de 5 000. Dans le secondaire, 30 862 enseignants ont été intégrés, dont plus de 20 000 professeurs de collège. Malgré ces chiffres, les besoins restent importants, notamment en raison de l’extension rapide du réseau scolaire.
En effet, la Côte d’Ivoire a connu une véritable expansion de ses infrastructures éducatives. Le nombre de classes préscolaires est passé de 2 083 en 2011 à 8 982 en 2025. Dans le primaire, les classes sont passées de 55 980 à 95 428. Quant aux collèges et lycées, leur nombre a plus que triplé, atteignant 902 établissements contre 294 quatorze ans plus tôt.
Cette croissance a permis de rapprocher l’école des populations, notamment en zones rurales, réduisant ainsi les distances parcourues par les élèves. Mais elle impose en parallèle une montée en puissance des ressources humaines pour garantir un encadrement de qualité.
Conscient de cet enjeu, l’État a multiplié les initiatives, dont des recrutements exceptionnels comme celui de 2 855 enseignants contractuels en 2025. Ces actions prolongent des programmes antérieurs, tels que le Programme présidentiel d’urgence (PPU) en 2013 ou encore le Programme social du gouvernement (PsGouv 2019), qui avaient déjà permis de renforcer significativement les effectifs.
Au-delà des recrutements, les autorités ont également consenti des efforts pour améliorer les conditions de vie des enseignants. Entre 2011 et 2025, les salaires bruts en début de carrière ont connu des hausses notables, atteignant plus de 30 % dans le primaire et plus de 15 % dans le secondaire.
Au croisement de ces initiatives, le système éducatif ivoirien affiche aujourd’hui des signes de progression encourageants. Toutefois, la consolidation de ces acquis passera par une gestion continue et anticipée des besoins en enseignants, notamment dans les filières scientifiques, au cœur des ambitions de développement du pays.