Quarante ans après sa création, Ecobank entend faire de son anniversaire un nouveau point de départ. À Lomé, lors de la clôture des célébrations de ses 40 ans, le groupe bancaire panafricain a dévoilé deux engagements majeurs à l’horizon 2030 : 2 milliards de dollars consacrés à l’entrepreneuriat féminin et 600 millions de dollars destinés aux filières agricoles, soit un total de 2,6 milliards de dollars.
Pour Jeremy Awori, directeur général du groupe, ces ambitions s’inscrivent dans une stratégie visant à renforcer la souveraineté économique africaine, la sécurité alimentaire et l’intégration régionale. « Nous ne profitons pas de la clôture de notre 40e anniversaire pour regarder en arrière ; nous en faisons le tremplin stratégique du prochain chapitre économique de l’Afrique », a-t-il souligné.
Premier axe de cette stratégie, le programme « Ellever » ambitionne de porter à 2 milliards de dollars le portefeuille de crédits dédié aux femmes entrepreneures. Après avoir accompagné plus de 110 000 entreprises dirigées par des femmes, Ecobank vise désormais 400 000 PME bénéficiaires. La formation, la bancarisation et des mécanismes de garantie doivent également faciliter l’accès au financement de près d’un million de micro-entrepreneures.
Le second engagement concerne l’agriculture. Les 600 millions de dollars prévus financeront l’ensemble de la chaîne de valeur, de la production à la commercialisation, en passant par la transformation, la logistique et l’exportation. L’objectif est de stimuler l’industrialisation, de développer des marchés agricoles régionaux et de réduire la dépendance aux importations alimentaires.
Cette ambition s’appuiera notamment sur la digitalisation des paiements et le Trade Hub d’Ecobank, une plateforme destinée à faciliter les échanges entre entreprises africaines, en cohérence avec la Zone de libre-échange continentale africaine (Zlecaf).
Présent dans 34 pays d’Afrique subsaharienne, le groupe fondé au Togo en 1985 entend ainsi mobiliser la finance comme levier de croissance inclusive. Reste désormais à transformer ces engagements annoncés en financements effectifs, en entreprises développées et en emplois durables.