Avec ses imposantes infrastructures de traitement d’eau et ses réserves encore sous-exploitées, Bonoua s’impose plus que jamais comme un maillon essentiel de l’approvisionnement en eau potable du Grand Abidjan. En visite sur le site de production, mercredi 20 mai 2026, Amedé Koffi Kouakou a affiché un optimisme prudent face aux défis techniques qui subsistent.
Les usines de Bonoua 1 et Bonoua 2 disposent d’une capacité totale de production de 160 000 m³ d’eau par jour. Pourtant, seulement 120 000 m³ sont actuellement exploités. Une marge de 40 000 m³ reste donc mobilisable pour améliorer la desserte en eau, notamment dans plusieurs communes d’Abidjan confrontées à une forte pression démographique.
Pour accompagner cette montée en puissance, le gouvernement prévoit la réalisation de nouvelles infrastructures, dont des châteaux d’eau à Gonzagueville et Marcory. Une stratégie destinée à fluidifier la distribution et renforcer l’accès des populations à l’eau potable.
Mais au-delà des chiffres, le ministre a tenu à rappeler l’importance de préserver les intérêts des populations locales. « Les usines étant implantées ici, la ville de Bonoua ne doit pas être oubliée », a insisté Amedé Kouakou, soulignant la nécessité d’un développement équilibré entre les besoins d’Abidjan et ceux des localités hôtes.
Parmi les préoccupations majeures figure la sécurisation des périmètres de captage, étendus sur près de 300 hectares. Malgré des indemnisations évaluées à environ 6 milliards de FCFA, les autorités craignent des occupations anarchiques susceptibles de menacer les installations hydrauliques.
Le ministre a également évoqué plusieurs difficultés techniques. Cinq forages sur les 36 que compte le site sont actuellement hors service en raison de problèmes d’ensablement liés à des défauts de conception. Leur réhabilitation est annoncée dans les prochains mois. Autre point sensible : une canalisation traversant la lagune Ébrié, fragilisée par les vibrations provoquées par le trafic lagunaire.
Malgré ces contraintes, le gouvernement se veut rassurant. Pour les autorités, les difficultés identifiées restent maîtrisables et les travaux engagés devraient permettre de garantir, sur le long terme, un accès durable et sécurisé à l’eau potable pour les populations ivoiriennes.