Au Sénégal, un communiqué officiel a confirmé depuis le 22 mai dernier la mise à l’écart d’Ousmane Sonko de ses fonctions de Premier ministre. Cette décision acte une rupture désormais publique entre lui et le président Bassirou Diomaye Faye, mettant fin à l’image du tandem qui avait longtemps symbolisé l’unité et la cohésion du PASTEF. Le paysage politique sénégalais entre ainsi dans une phase marquée par l’incertitude et la reconfiguration des alliances.
Cette séparation, désormais confirmée, change profondément les équilibres internes du parti. L’ancien duo, autrefois perçu comme complémentaire et soudé autour d’un même projet politique, semble aujourd’hui engagé sur des trajectoires divergentes. Dans ce contexte, l’hypothèse d’un affrontement pour le contrôle du PASTEF devient de plus en plus crédible, chacun pouvant revendiquer une légitimité issue de son rôle dans l’histoire récente du mouvement.
Au-delà des personnes, l’enjeu est surtout stratégique. Le contrôle de l’appareil partisan apparaît comme un facteur déterminant en vue de l’élection présidentielle de 2029. Celui qui parviendra à dominer le parti disposera d’un avantage décisif dans la mobilisation des militants, la structuration des réseaux politiques et la préparation d’une future candidature nationale.
Cette situation rappelle certains précédents africains, notamment la crise du Front populaire ivoirien (FPI), marqué par la rupture entre Laurent Gbagbo et Pascal Affi N’Guessan. La division avait alors conduit à deux camps revendiquant la même légitimité politique, partageant une base militante commune, mais finissant par affaiblir leur poids électoral global.
Au Sénégal, le risque d’une fragmentation similaire du PASTEF est désormais évoqué, avec des militants susceptibles de se disperser entre plusieurs lignes politiques concurrentes. L’avenir du parti dépendra donc de sa capacité à maintenir son unité ou à gérer une éventuelle séparation sans s’affaiblir durablement.