Dans un courrier daté du 29 juin 2026, le cabinet du District d’Abidjan accuse le maire de « double jeu », estimant que les démolitions contestées auraient pourtant été validées lors de précédentes concertations entre les deux parties. Selon l’institution, ces opérations s’inscrivent dans une démarche visant à lutter contre le désordre urbain, l’insalubrité et l’insécurité dans plusieurs zones jugées sensibles.
Le District rappelle également que ces interventions découleraient de demandes exprimées dès février 2024 par la municipalité elle-même, lors d’échanges bilatéraux et de séances de travail, ce qui rendrait incohérente la position actuelle du maire.
De son côté, la mairie de Port-Bouët conteste la méthode et l’ampleur des opérations. Dans un courrier adressé au District, Sylvestre Emmou évoque des conséquences sociales majeures, estimant que plus de 100 000 personnes seraient affectées par les démolitions dans des quartiers comme Vridi 3, Toviato ou encore Vridi Canal. Il dénonce un manque de concertation suffisante et alerte sur les impacts humanitaires, sanitaires et économiques.
Le District d’Abidjan rejette ces accusations et estime que la posture du maire traduit une contradiction dans son discours public. Dans sa réponse, il affirme également que les deux responsables ne partagent ni la même vision de la gestion urbaine, ni la même conception de la responsabilité publique face aux enjeux de développement et de dignité des populations.
Ce nouvel épisode illustre un conflit récurrent entre les deux autorités. Des désaccords similaires avaient déjà opposé la mairie et le District lors d’opérations antérieures menées sans concertation, selon les autorités municipales.
Alors que les déguerpissements se poursuivent, cette polémique ravive le débat sur la gouvernance urbaine dans le Grand Abidjan et sur la coordination entre collectivités locales et District autonome.