La scène politique sénégalaise connaît un nouveau rebondissement après la démission de Malick Ndiaye de la présidence de l’Assemblée nationale, intervenue le 24 mai 2026, deux jours seulement après le limogeage d’Ousmane Sonko de ses fonctions de Premier ministre par le président Bassirou Diomaye Faye. Cette succession rapide d’événements confirme la recomposition en cours au sommet de l’État.
Figure montante du PASTEF, Malick Ndiaye, né en 1982 à Dahra, est un proche d’Ousmane Sonko. Ancien ministre des Infrastructures et des Transports terrestres et aériens, il est également devenu, en décembre 2024, le plus jeune président de l’Assemblée nationale de l’histoire du Sénégal. Formé en commerce international, management et logistique, avec un passage à l’Université Paris-Dauphine, il a rejoint le PASTEF en 2015 après une expérience dans les secteurs du transport et des mines.
Dans un message publié sur les réseaux sociaux, il évoque une « décision mûrie dans le silence » et guidée par « l’intérêt supérieur de la Nation ». Aucun motif politique direct n’a été avancé, mais son départ intervient dans un climat de fortes tensions entre les anciennes figures de l’exécutif et de la majorité parlementaire.
Depuis la rupture entre Bassirou Diomaye Faye et Ousmane Sonko, le paysage politique sénégalais s’est brusquement reconfiguré. Le limogeage du gouvernement a ouvert une phase d’incertitude institutionnelle, où les équilibres semblent en pleine recomposition. La vacance du perchoir de l’Assemblée nationale alimente ainsi de nombreuses spéculations.
Plusieurs observateurs évoquent désormais la possibilité d’un repositionnement stratégique d’Ousmane Sonko à la tête de l’hémicycle. Député élu en 2024, suspendu lors de son passage à la Primature, il pourrait retrouver son mandat et briguer la présidence de l’Assemblée nationale, porté par la majorité parlementaire de son parti.
Une telle hypothèse marquerait un tournant politique majeur : plutôt qu’un retrait, Sonko occuperait une position centrale au sein du pouvoir législatif, face à un exécutif dirigé par Bassirou Diomaye Faye. Cette configuration inédite installerait une forme de cohabitation entre deux anciens alliés devenus rivaux.
Pour plusieurs analystes, cette évolution traduit moins une stabilisation qu’une redistribution profonde des centres de pouvoir. Les prochains jours seront décisifs pour savoir si Ousmane Sonko transformera cette crise en repositionnement politique stratégique au sommet de l’État.