Les enquêtes sur un présumé réseau international de trafic de voitures de luxe volées en Europe continuent de prendre de l’ampleur en Côte d’Ivoire et dans plusieurs pays de la sous-région ouest-africaine, avons-nous appris du confrère LINFODROME. Les autorités judiciaires ivoiriennes, béninoises, togolaises et nigérianes collaborent désormais pour démanteler ce système criminel aux ramifications transfrontalières.
Selon des sources proches du dossier, des véhicules volés en Europe seraient introduits en Afrique de l’Ouest via la Côte d’Ivoire, où ils seraient immatriculés avant d’être réexportés vers d’autres pays. Des irrégularités administratives ainsi que des falsifications de documents auraient facilité la circulation de ces engins à travers les frontières.
Les enquêteurs soupçonnent un réseau structuré, capable d’utiliser des procédures frauduleuses pour contourner les contrôles douaniers. Des cas de véhicules immatriculés en Côte d’Ivoire et retrouvés au Bénin ou au Togo renforcent les hypothèses d’un circuit organisé.
Au centre de l’affaire, un individu identifié sous les initiales M.Y., alias « Amada », est présenté comme un acteur clé du dispositif. Placé sous mandat de dépôt depuis mars 2026, il est accusé d’avoir coordonné l’importation et la redistribution de véhicules volés entre l’Europe et plusieurs pays africains.
Les investigations s’étendent également à des structures financières. Un établissement de microfinance est soupçonné d’avoir facilité certaines opérations liées au réseau, tandis que des transactions foncières frauduleuses sont également évoquées. Plusieurs victimes affirment avoir été escroquées lors d’achats de terrains, notamment à Cocody-Angré.
Les enquêteurs s’intéressent par ailleurs à des biens immobiliers de prestige, dont une résidence située à Grand-Bassam, qui pourrait être liée aux activités du réseau. Une commission rogatoire béninoise est attendue en Côte d’Ivoire afin d’approfondir les investigations et de renforcer la coopération judiciaire.
De son côté, la défense de M.Y. rejette catégoriquement les accusations, dénonçant des allégations sans fondement. L’avocat du mis en cause affirme qu’aucune preuve tangible ne l’impliquerait dans un réseau criminel international.
Alors que l’enquête se poursuit, les autorités n’excluent pas que ce système puisse être lié à d’autres formes de criminalité transnationale, notamment le trafic d’armes ou de personnes, élargissant ainsi l’ampleur d’une affaire encore loin d’avoir livré tous ses secrets.