Côte d’Ivoire : la gendarmerie intensifie la traque contre l’orpaillage illégal et le dragage clandestin

Mercredi 19 Aout 2026 10:00

En trois jours, plusieurs opérations ont permis de détruire des dizaines de dragues et d’interpeller 27 personnes dans plusieurs régions.


Orpaillage illégal : la gendarmerie intensifie les opérations et détruit des dizaines de dragues
 

La lutte contre l’orpaillage illégal et le dragage clandestin monte d’un cran en Côte d’Ivoire. Depuis le début de la semaine, la gendarmerie nationale multiplie les opérations à travers le pays, ciblant les sites clandestins et les équipements utilisés pour l’extraction illégale de l’or.
 

Le mardi 18 août, dans le département de Dabakala, un détachement de l’Escadron Mobile de Dabakala, appuyé par une équipe du GS-LOI, est intervenu sur le fleuve Comoé, dans le secteur Gbagba-Sirakoro-Assouadié, sous-préfecture de Bassawa. Le bilan est particulièrement lourd : 56 dragues ont été mises hors d’usage, ainsi que 112 concasseurs, 252 bidons, 225 tapis de rétention de minerais et 45 bassines.
 

La veille, dans le Sud-Ouest, les éléments de l’Escadron et de la Brigade de Soubré avaient investi un affluent du fleuve Sassandra, à proximité du barrage hydroélectrique de Gribo-Popoli. Dix dragues, 53 tapis de rétention et plusieurs équipements destinés à l’extraction clandestine de l’or ont été détruits.
 

À Pierrekro, dans la sous-préfecture de Namané, département d’Issia, une autre opération menée par l’Escadron de gendarmerie mobile de Daloa et la Brigade d’Issia a permis de démanteler un site d’orpaillage illégal. Vingt-sept personnes ont été interpellées. Les gendarmes ont également détruit 15 concasseurs, 21 motopompes et 1 100 mètres de tuyaux, en plus de plusieurs abris de fortune.
 

À travers ces opérations menées à Dabakala, Soubré et Issia, la gendarmerie affiche sa volonté de maintenir la pression sur les réseaux d’exploitation clandestine. La stratégie ne se limite plus à l’interpellation des acteurs : elle vise aussi à neutraliser les moyens matériels qui permettent à ces activités de prospérer.
 

Au-delà de la question sécuritaire, l’enjeu est également environnemental. Le dragage clandestin et l’orpaillage illégal dégradent les sols, perturbent les cours d’eau et menacent les écosystèmes. La proximité de certains sites avec des infrastructures stratégiques, comme le barrage de Gribo-Popoli, accentue encore les préoccupations.
 

La multiplication de ces interventions traduit ainsi une volonté des autorités ivoiriennes de renforcer la lutte contre l’exploitation minière clandestine et de préserver les ressources naturelles. Une offensive dont l’efficacité dépendra désormais de la capacité à empêcher la réinstallation des sites après le passage des forces de sécurité.

Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan