Le siège du PPA-CI, à la Riviera Bonoumin dans la commune de Cocody, a servi de cadre, le mardi 31 mars, au lancement officiel de la 4ᵉ édition de la fête de la Renaissance. Prévu les 15 et 16 mai prochains à Abidjan, l’événement s’annonce déjà comme un moment fort de la vie politique du parti, avec une orientation clairement assumée : rendre hommage aux détenus politiques.
Dans une atmosphère empreinte de solennité, les responsables du parti ont dévoilé les grandes lignes de cette édition. Au cœur des activités annoncées, un hommage symbolique et appuyé aux prisonniers politiques, présenté comme un acte de reconnaissance pour les sacrifices consentis. Selon le ministre Léon Emmanuel Monnet, président du comité d’organisation, cet hommage vise à rappeler que « rien de ce qui a été enduré ne sera vain ».
Même tonalité du côté de l’honorable Michel Gbagbo, président de la commission Hommage. Pour lui, au-delà des individus, c’est toute une mémoire collective et un combat politique qui seront célébrés. Il a insisté sur la portée symbolique de cet engagement, qualifié de levier de résistance face aux dérives du pouvoir en place. Dans cette optique, une projection des portraits des détenus politiques, accompagnés d’écharpes d’encouragement, viendra marquer les esprits.
L’édition 2026 se veut également innovante. Une journée scientifique est ainsi annoncée pour le 9 mai, au siège du parti, autour de plusieurs thématiques en lien avec la situation sociopolitique nationale. À cela s’ajouteront un défilé, des prestations artistiques et le très attendu discours du président du parti, Laurent Gbagbo.
Au-delà de l’événement festif, les discours ont largement mis en lumière le contexte politique actuel. Léon Emmanuel Monnet a rappelé la portée symbolique du 31 mars, qu’il présente comme une date marquant « la victoire de la justice » pour Laurent Gbagbo. Une lecture partagée par le président exécutif du PPA-CI, le professeur Dano Djédjé, qui évoque une journée chargée d’émotion après « dix années de souffrances et de détention ».
Pour ce dernier, la fête de la Renaissance dépasse la simple commémoration. Elle incarne à la fois l’héritage politique de Laurent Gbagbo et la nécessité de pérenniser sa vision. Dans un contexte qu’il juge « délétère », Dano Djédjé appelle à une mobilisation exceptionnelle des militants afin de démontrer la cohésion et la vitalité du parti.
En toile de fond, le PPA-CI dénonce une crise postélectorale persistante, marquée selon lui par l’exclusion d’opposants et la détention de plus de 1 600 prisonniers politiques, dont plusieurs femmes. Une situation qui confère à cette édition une dimension à la fois politique et symbolique.
Moment fort de la cérémonie de lancement : la remise symbolique de kits aux épouses et familles de détenus politiques. Un geste chargé d’émotion, qui traduit la volonté du parti de maintenir un lien de solidarité avec ceux qu’il considère comme des victimes d’injustices.
À quelques semaines de l’événement, le ton est donné. Entre hommage, engagement et projection vers l’avenir, le PPA-CI entend faire de cette fête de la Renaissance un rendez-vous majeur, à la fois politique et mémoriel.