Côte d'Ivoire - Adressage des rues de Dimbokro : le plaidoyer aux autorités de la ville « N’oubliez pas nos "Dinosaures" de Koffikro Extension »

Lundi 18 Mai 2026 13:00

À Dimbokro, un plaidoyer demande que les rues de Koffikro Extension honorent ses fondateurs et figures locales lors de l’adressage urbain.


Le ministre Adama Coulibaly, maire de Dimbokro
 

L’adressage des rues en Côte d’Ivoire a atteint sa vitesse de croisière. Après la capitale économique, de nombreuses localités du pays emboîtent le pas avec beaucoup de satisfaction des populations. Dans cet élan de fierté, un fils de Koffikro Extension, dans la commune de Dimbokro, fait un plaidoyer au premier magistrat de la cité du soleil radieux afin que les pères fondateurs de cette agglomération familiale soient honorés en baptisant de leurs noms les rues de ce secteur.
 

L’adressage des rues en Côte d’Ivoire est un projet de modernisation majeur qui consiste à attribuer un nom et un numéro à chaque rue et bâtiment. Géré par la Centrale d’Adressage, cette opération vise à faciliter la localisation GPS, à améliorer les services d’urgence et à organiser le développement urbain.
 

Lancé en 2021, le Projet d’Adressage du District d’Abidjan (PADA) a permis d’identifier les rues, de numéroter les maisons, de faciliter les déplacements et de moderniser l’action publique dans la capitale économique du pays.
 

Aujourd’hui, c’est avec joie et fierté que les Ivoiriens découvrent des voies portant désormais des noms officiels, validés par les autorités, inspirés de personnalités ivoiriennes, de figures africaines, de valeurs républicaines ou d’éléments du patrimoine culturel national.
 

Il faut donc féliciter le gouvernement pour cette initiative qui, outre l’organisation urbaine, permettra aux services de secours, notamment les sapeurs-pompiers, le SAMU et les services de sécurité, de réduire considérablement les délais d’intervention.
 

Dans ce cadre que nous voulons, très humblement, attirer l’attention des autorités de Dimbokro sur l’adressage des rues du quartier Koffikro Extension.
 

Nous pensons que cette opération devra constituer une occasion pour rendre un vibrant hommage à ces femmes et hommes qui ont façonné cet espace « familial » par leur action de solidarité, de charisme et de cohésion sociale.
 

En somme, l’adressage des rues de Koffikro Extension devra contribuer à édifier la jeune génération sur ces « Dinosaures » qui ont fait l’histoire de ce quartier qui nous a vus naître et qui continue de maintenir la fraternité et d’entretenir ce « gros village-famille » dont les fondations ont été posées par feus Sibiri Tréta, Yévou Alphonse, Konaté Lohé, Coulibaly Issa, etc.
 

En effet, tout premier habitant de Koffikro Extension, sur le lot 1011, le doyen Sibiri Tréta, agent des Eaux et Forêts de son état, surnommé « Sibiri Sodja » (Sibiri soldat) par ses « tuteurs » de Koffikro village, nous racontait, avant son rappel à Dieu à l’hôpital de Dimbokro, les travaux de construction du boulevard de l’Indépendance qui devait accueillir les festivités du 11e anniversaire de la souveraineté de notre pays.
 

Il sera suivi par les doyens Konaté Lohé, directeur émérite de l’EPP Koffikro 1, et Yévou Alphonse.
 

Qui de notre génération ou de celle antérieure ne se souvient de cet instituteur hors pair, adepte du travail bien fait, qui a façonné tant de cadres ?
 

Qui ne se souvient de parents qui allaient consulter papa Yévou, agent des Grandes endémies, avant de se rendre à l’hôpital ou d’y conduire un enfant mal en point ? Il était la référence médicale du quartier. Et il le faisait avec plaisir et joie, en bon père de famille, car Koffikro Extension était un quartier-famille où tout parent s’obligeait à éduquer, orienter, conseiller et surtout à corriger tout enfant qui s’éloignait du droit chemin, avant même d’en informer ses parents biologiques. C’était cela Koffikro Extension jusqu’au départ au pays du non-retour de ces monuments qui ont marqué notre jeunesse.
 

Ces illustres noms, nous souhaiterions, enfants de Koffikro Extension, qu’ils continuent de nous inspirer et de nous édifier sur la nécessité de construire une communauté unie et solidaire.
 

À côté de ces pères fondateurs à qui nous pourrions rendre hommage à titre posthume, nous souhaiterions également qu’avec la bénédiction des autorités administratives et municipales, soit honorée de son vivant une autre « Dinosaure » de Koffikro Extension, Maman Collette Yao, enseignante passionnée et aimante, fort heureusement encore en vie. Elle était la référente préscolaire du quartier.
 

Nommer les rues de Koffikro Extension du nom de ces personnalités serait un hommage mérité qui constituerait un message à la jeunesse : celui que « l’État n’oublie jamais ses enfants qui contribuent à sa gloire, à son rayonnement, à sa construction et à son développement ».
 

Autorités politiques, administratives, municipales et coutumières, ceci est le plaidoyer d’un enfant de Dimbokro, fils de Koffikro Extension, marqué comme de nombreux fils et filles de ce quartier par le modèle de vie de nos pères et mères, encore vivants ou malheureusement reposant à jamais au cimetière municipal de la cité du soleil radieux.
 

TRETA Zoumana
Fils de Koffikro Extension
Professionnel de la communication

 
 
 
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