Le dernier rapport de l’Indice mondial de performance des ports à conteneurs (CPPI), publié par la Banque mondiale en partenariat avec S&P Global Market Intelligence, dresse une nouvelle cartographie des performances portuaires mondiales en 2025. L’Afrique de l’Ouest y apparaît comme un espace contrasté, où quelques hubs émergent tandis que d’autres peinent à suivre la cadence.
En tête régionale, le port de Port de Dakar confirme sa domination. Classé 144e mondial, il conserve son statut de leader ouest-africain grâce à des investissements soutenus dans les infrastructures, notamment l’extension des zones de stockage et la modernisation des équipements de manutention. Sa connectivité terrestre avec le Sahel, en particulier le Mali, reste un atout stratégique majeur.
Mais la véritable surprise vient du port de Port de San Pedro. Longtemps en retrait, il signe une progression spectaculaire et intègre le top 10 africain (9e), se hissant au rang de deuxième port ouest-africain le plus performant. Avec un score proche de l’équilibre et une nette amélioration de la fluidité administrative, il s’impose comme un nouveau pôle d’exportation majeur, notamment pour le cacao ivoirien.
Derrière ce duo de tête, la hiérarchie se resserre. Le complexe d’Onne au Nigeria, Nouakchott en Mauritanie, puis Tin Can Island et Lagos complètent un peloton très disputé, où les écarts de performance restent faibles mais significatifs en matière de logistique et de congestion.
Le port de Port autonome d’Abidjan, en revanche, recule dans le classement. Avec une 381e place mondiale et un score fortement négatif, il illustre les difficultés persistantes de fluidité malgré un volume d’activité important. Sa position de 14e port ouest-africain traduit un décrochage préoccupant face à la montée en puissance de ses concurrents régionaux.
Plus au nord-ouest, le port de Conakry ferme la marche régionale, confirmant des contraintes structurelles anciennes. Dans l’ensemble, le CPPI 2025 met en évidence une Afrique de l’Ouest portuaire à deux vitesses : d’un côté des plateformes en modernisation rapide, de l’autre des infrastructures encore freinées par des lenteurs opérationnelles et administratives.
Au-delà des classements, ce rapport souligne un enjeu stratégique majeur : la compétitivité logistique devient un facteur clé de souveraineté économique pour les États côtiers ouest-africains.