Cacao : la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Nigeria et le Cameroun unissent leurs forces pour peser sur le marché mondial

Jeudi 23 Juillet 2026 15:00

L’Initiative Cacao Côte d’Ivoire-Ghana s’élargit au Nigeria et au Cameroun pour renforcer la transformation locale et les revenus des producteurs africains.


La Côte d'Ivoire, le Ghana, le Cameroun et le Nigeria mettront en place un système permettant d’harmoniser les politiques de fixation des prix du cacao aux producteurs
 

Longtemps cantonnée à un axe Côte d’Ivoire-Ghana, l’Initiative Cacao franchit une nouvelle étape dans son ambition de donner davantage de poids aux producteurs africains sur le marché mondial. Réunis à Abuja, le 14 juillet 2026, à l’occasion du Sommet sur la valorisation du cacao, les pays membres ont officialisé l’adhésion du Nigeria et du Cameroun.
 

Cette nouvelle configuration porte désormais à quatre le nombre de pays engagés dans cette plateforme régionale, créée pour défendre les intérêts des nations productrices et mieux valoriser une ressource stratégique pour les économies africaines. L’élargissement fait suite aux engagements pris lors du Sommet sur le cacao organisé à Abidjan en juin 2026, au cours duquel les présidents Alassane Ouattara et John Dramani Mahama avaient plaidé pour une ouverture de l’initiative à d’autres producteurs du continent.
 

Avec cette alliance élargie, la Côte d’Ivoire, le Ghana, le Cameroun et le Nigeria entendent harmoniser leurs politiques de fixation des prix aux producteurs, améliorer les revenus des planteurs et renforcer la coopération scientifique face aux maladies qui menacent les vergers.
 

L’autre priorité affichée reste la transformation locale du cacao, afin que l’Afrique ne demeure plus seulement un fournisseur de fèves brutes, mais devienne un acteur majeur de la chaîne de valeur mondiale. Les quatre pays souhaitent également stimuler le commerce intra-africain du cacao et développer des industries locales capables de créer davantage d’emplois et de richesses.
 

Pour Yves Brahima Koné, directeur général du Conseil café-cacao, cette dynamique traduit « une détermination croissante des pays producteurs africains à renforcer les chaînes de valeur régionales ». Selon lui, une coopération plus étroite pourrait permettre au continent de « remodeler l’avenir de l’économie mondiale du cacao ».
 

Avec près des deux tiers de la production mondiale concentrés en Afrique de l’Ouest et centrale, cette initiative apparaît comme une tentative stratégique de rééquilibrer les rapports de force dans une filière longtemps dominée par les marchés internationaux de transformation et de consommation.

Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan