Figure respectée de la diplomatie ouest-africaine, CEDEAO annonce la disparition de James Victor Gbeho, ancien président de sa Commission, décédé à 91 ans au Ghana. Le diplomate s’est éteint après une carrière marquée par l’engagement régional et international.
Né en 1935 à Keta, au Ghana, fils de Philip Gbeho, auteur de l’hymne national ghanéen, James Victor Gbeho s’est imposé comme une figure majeure de la diplomatie africaine. Avocat de formation, il embrasse très tôt les relations internationales, enchaînant postes gouvernementaux et missions multilatérales, entre capitales africaines et tribunes diplomatiques mondiales.
À la tête de la Commission de la CEDEAO entre 2010 et 2012, il intervient dans une période charnière de consolidation institutionnelle et de tensions régionales en Afrique de l’Ouest. Sous son mandat, l’organisation poursuit la réforme engagée depuis 2007, renforçant sa gouvernance, sa visibilité et sa capacité d’action sur les crises politiques et sécuritaires.
Auparavant, il avait déjà joué un rôle clé comme représentant spécial de la CEDEAO pour le Libéria en pleine guerre civile. Son expérience l’a également conduit aux Nations unies, où il a représenté le Ghana et présidé le Conseil de sécurité. Il fut aussi ministre des Affaires étrangères et émissaire spécial en Somalie, consolidant un parcours diplomatique d’envergure internationale.
Reconnu pour son calme et sa fermeté, James Victor Gbeho laisse l’image d’un diplomate attaché à la stabilité, à la prévention des conflits et à l’intégration africaine. Son parcours incarne une génération d’hommes d’État pour qui la coopération régionale constituait une exigence historique et une réponse aux fragilités du continent. La CEDEAO salue un héritage durable, fait de médiation, de dialogue et de service public au plus haut niveau.