Burundi : Goreth Minanni, le courage d’une femme rurale face aux défis agricoles

Vendredi 16 Octobre 2026 17:00

Entre cultures et élevage, Goreth Minanni se bat pour nourrir ses quatre enfants et financer leur scolarité, malgré les difficultés économiques et climatiques.


 

Au nord de Bujumbura, au Burundi, les journées de Goreth Minanni commencent tôt et se terminent tard. À 36 ans, cette mère de quatre enfants partage son temps entre les travaux des champs et l’élevage de porcs et de chèvres. Pour elle, diversifier ses activités n’est pas un choix de confort, mais une nécessité pour faire vivre sa famille.
 

À l’occasion de la Journée internationale des femmes rurales, son parcours illustre le rôle essentiel de ces travailleuses dans la sécurité alimentaire et l’économie des ménages. Après une matinée consacrée aux tâches agricoles, Goreth doit encore s’occuper de ses animaux. Les revenus tirés d’une seule activité ne suffisent plus face à la hausse du coût de la vie.
 

Récemment, la vente d’un porc lui a permis de payer une partie des dépenses scolaires de ses enfants. Une recette précieuse, alors que les fournitures scolaires deviennent de plus en plus coûteuses. « Cela m’a permis d’envoyer les enfants à l’école », témoigne-t-elle.
 

Produire avec des moyens limités

Comme de nombreuses agricultrices burundaises, Goreth fait cependant face à plusieurs obstacles. Le manque d’engrais, les difficultés d’accès aux intrants et les faibles moyens financiers limitent ses rendements. Faute de produits disponibles, elle utilise du compost et de la litière animale pour enrichir ses sols.
 

À ces contraintes s’ajoutent les aléas climatiques. Lorsque la sécheresse se prolonge, les pâturages se raréfient et l’alimentation du bétail devient plus difficile.
 

Malgré ces épreuves, l’agricultrice nourrit une ambition : développer son exploitation et devenir une référence nationale dans l’agriculture et l’élevage.
 

Son histoire rappelle que les femmes rurales sont au cœur des économies familiales, mais qu’elles ont besoin d’un meilleur accès aux financements, aux équipements, à la terre et aux techniques agricoles adaptées. Soutenir leur travail, c’est aussi renforcer la résilience des communautés face aux crises économiques et climatiques.
 

Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan