Une scène inhabituelle a attiré l’attention des habitants de Ouagadougou le 5 juin dernier. Des milliers de poissons morts, principalement des tilapias, ont été observés flottant à la surface du barrage n°3, l’un des principaux plans d’eau de la capitale burkinabè. Face à cette situation préoccupante, les autorités ont rapidement mobilisé des équipes techniques afin de déterminer les causes de cette mortalité massive.
Les premiers résultats des analyses physico-chimiques de l’eau, rendus publics par le ministère en charge des Ressources halieutiques, mettent en évidence une dégradation importante de l’écosystème aquatique. Les experts ont relevé un niveau d’acidité particulièrement élevé, avec un pH de 4,48, bien en dessous des normes favorables à la vie piscicole. À cela s’ajoutent des températures comprises entre 29 et 30 degrés Celsius ainsi qu’un déficit critique en oxygène dissous.
Selon les spécialistes, cette combinaison de facteurs a provoqué une asphyxie généralisée des poissons. Les espèces sauvages comme celles élevées dans des cages flottantes ont été touchées, entraînant d’importantes pertes pour les pêcheurs et les aquaculteurs de la zone.
L’enquête environnementale pointe également plusieurs sources potentielles de pollution. Les rejets d’eaux usées, les activités maraîchères utilisant des produits phytosanitaires, le ruissellement des premières pluies de la saison et les canaux de drainage acheminant divers polluants vers le barrage auraient contribué à la détérioration de la qualité de l’eau.
Pour les autorités, cet épisode met en lumière la vulnérabilité des ressources aquatiques face aux pressions humaines et climatiques. Des mesures d’urgence ont été engagées, notamment l’enlèvement des poissons morts, la sensibilisation des populations riveraines et le renforcement du suivi environnemental du barrage.
Au-delà de l’impact économique immédiat, cette mortalité massive soulève des interrogations sur la préservation durable des écosystèmes urbains et sur la nécessité d’un meilleur contrôle des sources de pollution dans la capitale burkinabè.