Le Burkina Faso entend donner un nouveau cap à son système éducatif. Samedi, à Kaya, dans la région du Centre-Nord, les autorités ont lancé le Pacte national NEKRE, une initiative destinée à transformer l’école autour de sept priorités. Présenté au nom du président Ibrahim Traoré par le Premier ministre Rimtalba Jean Emmanuel Ouédraogo, ce programme place l’inclusion, la souveraineté et la qualité des apprentissages au cœur de ses ambitions.
L’objectif est de faire de l’école un levier de développement et de cohésion sociale. Le pacte prévoit notamment de garantir l’accès à l’éducation à tous les enfants, d’améliorer les conditions d’apprentissage et de rapprocher les formations des métiers et des activités productives. La valorisation des langues nationales, de l’histoire et des savoirs endogènes figure également parmi les orientations retenues.
Au-delà des contenus pédagogiques, le NEKRE entend renforcer la place des enseignants, mobiliser la recherche, les sciences et le numérique au service de la souveraineté nationale, tout en améliorant la gouvernance du secteur. La fiabilité des données, le suivi des engagements et l’évaluation des résultats doivent permettre de mesurer les progrès accomplis.
Le défi reste considérable. Le système éducatif est confronté à des lacunes dans les apprentissages fondamentaux, à des disparités territoriales et aux conséquences de l’insécurité. Le pacte accorde ainsi une attention particulière aux enfants déplacés, déscolarisés ou vulnérables. « Là où l’État revient, l’école doit rouvrir ! », souligne le message présidentiel, qui appelle à replacer l’éducation au cœur de la reconstruction nationale.
Sa mise en œuvre reposera sur une responsabilité partagée entre l’État, les enseignants, les parents, les élèves et les partenaires. Remis symboliquement aux gouverneurs, le pacte doit être déployé sur l’ensemble du territoire.
En référence à l’Appel de Gaoua du 17 octobre 1986, attribué à Thomas Sankara, le Burkina Faso réaffirme ainsi une ambition ancienne : faire de l’école un instrument de transformation des consciences et de construction de l’avenir. Reste désormais à traduire ces engagements en résultats concrets pour les élèves.