Burkina Faso : la dissolution de 205 associations inquiète sur l’avenir des libertés civiles

Vendredi 8 Mai 2026 15:00

La dissolution de 205 associations par la junte burkinabé marque une nouvelle étape dans le durcissement du contrôle exercé sur la société civile.


Le Capitaine Ibrahim Traoré, président de la Transition au Burkina Faso.
 

Depuis son arrivée au pouvoir après le coup d’État de 2022, la junte dirigée par le capitaine Ibrahim Traoré multiplie les mesures visant à renforcer son autorité. La dissolution de 205 associations, annoncée mardi par les autorités, s’inscrit dans cette logique de contrôle accru de l’espace civique au Burkina Faso.
 

Officiellement, le gouvernement évoque des raisons réglementaires et le respect des nouvelles dispositions encadrant les organisations de la société civile. Les autorités assurent vouloir assainir le fonctionnement des associations et lutter contre d’éventuelles dérives liées aux financements étrangers. Depuis plusieurs mois, les ONG internationales et les structures recevant des fonds extérieurs sont régulièrement accusées d’espionnage ou de collusion avec les groupes djihadistes qui déstabilisent le pays.
 

Mais cette décision suscite de fortes inquiétudes. Les associations visées intervenaient dans des secteurs essentiels comme la santé, l’éducation, l’agriculture, les droits des femmes ou encore l’environnement. Leur disparition risque d’affaiblir l’aide apportée aux populations, notamment dans les zones touchées par l’insécurité et les déplacements massifs de civils.
 

Cette dissolution pourrait également accentuer la méfiance entre les autorités et les acteurs de la société civile. Plusieurs observateurs redoutent une restriction progressive des libertés publiques, après les limitations déjà imposées aux syndicats, aux partis politiques et aux manifestations publiques.
 

À terme, cette politique pourrait isoler davantage le Burkina Faso sur la scène internationale. Des organisations de défense des droits humains dénoncent déjà un recul démocratique, tandis que certains partenaires étrangers pourraient réduire leur coopération avec Ouagadougou.

Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan