La situation des libertés publiques se tend au Burkina Faso après l’arrestation de l’imam Mohamed Ishaq Kindo et la suspension de l’Union générale des étudiants burkinabè (UGEB). Ces décisions, prises dans un contexte sécuritaire déjà fragile, alimentent les critiques contre les autorités de transition.
Selon plusieurs témoins, l’imam Kindo a été interpellé mardi en pleine journée par des forces de sécurité, sans explication officielle immédiate. L’opération aurait provoqué des tensions devant le lieu d’arrestation, faisant plusieurs blessés lors d’échauffourées entre fidèles et forces de l’ordre. La Fédération des associations islamiques appelle au calme, alors que l’incompréhension grandit.
Cette arrestation intervient dans un climat déjà marqué par des controverses autour d’un projet de loi sur les libertés religieuses. Le texte, qui vise à renforcer la laïcité de l’État et à encadrer certains lieux de culte, est contesté par plusieurs organisations musulmanes. Un message audio attribué à l’imam Kindo, appelant les autorités à plus de retenue, circulait ces derniers jours sur les réseaux sociaux.
Par ailleurs, la suspension de l’UGEB pour « apologie du terrorisme » ajoute à la tension. L’organisation étudiante avait critiqué la gestion de la crise sécuritaire et dénoncé les promesses non tenues des autorités. Des ONG de défense des droits humains, dont Human Rights Watch, dénoncent une restriction progressive des libertés d’expression et appellent à l’annulation des sanctions.
Depuis plusieurs mois, d’autres cas similaires ont été signalés, notamment la disparition d’un autre imam critique du même projet de loi. Dans un contexte d’insécurité persistante liée aux attaques djihadistes, les autorités justifient leurs actions par des impératifs de stabilité. Mais pour de nombreux observateurs, ces décisions traduisent une crispation politique et un rétrécissement de l’espace public au Burkina Faso.