À quelques jours du quatrième anniversaire de son accession au pouvoir, le capitaine Ibrahim Traoré a livré, dimanche 27 septembre, un bilan de son action à la tête du Burkina Faso. Pendant près de 90 minutes, le président a abordé la sécurité, l’économie, les institutions, les relations extérieures et l’avenir de l’Alliance des États du Sahel (AES).
Sur le front sécuritaire, il a affirmé que les forces burkinabè avaient repris position dans plusieurs zones perdues depuis 2017 ou 2018. Il a notamment cité des axes routiers reliant Houndé, Pâ, Bobo-Dioulasso, Dédougou, Koudougou et Ouahigouya, estimant que la circulation y était désormais plus aisée. Le président a néanmoins reconnu que certaines zones reconquises restaient sous contrôle militaire avant le retour des populations.
Le chef de l’État a également annoncé une nouvelle Constitution destinée, selon lui, à « réorganiser totalement » le système politique burkinabè. Aucun calendrier précis n’a toutefois été communiqué pour cette réforme institutionnelle.
Sur le plan économique, Ibrahim Traoré a défendu une plus grande implication de l’État dans certains secteurs stratégiques, ainsi que les initiatives de production locale et d’entrepreneuriat communautaire. Il a aussi évoqué la poursuite des investissements dans les infrastructures et l’agriculture.
La politique extérieure reste marquée par la souveraineté revendiquée par Ouagadougou et le rapprochement avec le Mali et le Niger au sein de l’AES. Enfin, le président s’est déclaré favorable à une candidature commune des trois pays pour accueillir la CAN 2032, un projet qui nécessiterait d’importants investissements en infrastructures, hébergement et sécurité.
Au-delà du bilan présenté par le chef de l’État, le Burkina Faso demeure confronté à une situation sécuritaire complexe, tandis que les réformes annoncées ouvrent une nouvelle séquence politique et institutionnelle.