Parmi les réalisations les plus souvent citées figurent la création de zones industrielles modernes, notamment celle de Glo-Djigbé, devenue un pôle de transformation du coton, ainsi que la rénovation du port de Cotonou et la construction de routes et marchés dans plusieurs grandes villes. Ces investissements ont contribué à renforcer l’attractivité économique du pays et à soutenir l’industrialisation progressive de la filière coton, l’un des piliers de l’économie nationale.
Le secteur tertiaire a également connu une expansion importante, avec une montée en puissance du tourisme et des services. Dans le même temps, les autorités ont mis en avant une gestion budgétaire plus rigoureuse, avec un déficit maîtrisé et une dette publique contenue selon plusieurs indicateurs internationaux. Ces performances économiques ont permis au Bénin de maintenir l’une des croissances les plus dynamiques de la sous-région ouest-africaine.
Cependant, des défis persistent, notamment la prépondérance du secteur informel, la pauvreté encore élevée et les enjeux sécuritaires dans le nord du pays. Malgré ces limites, les partisans de la gouvernance Talon mettent en avant une transformation structurelle de l’économie et une modernisation des institutions.
Sur le plan politique, son mandat a été marqué par des réformes institutionnelles controversées mais structurantes, ainsi que par une recomposition du paysage partisan. Le gouvernement a également été critiqué pour la réduction de l’espace politique de l’opposition, même si les autorités défendent une logique de stabilité et d’efficacité de l’action publique.
L’un des faits majeurs de sa fin de mandat reste toutefois sa décision de respecter la limitation constitutionnelle à deux mandats. En annonçant son départ en 2026, Patrice Talon s’inscrit dans une tradition de transition démocratique apaisée, rare dans plusieurs contextes africains, et souvent présentée comme un signal fort en faveur de la consolidation institutionnelle.
Ce retrait ouvre désormais une nouvelle page politique pour le Bénin, à un moment où le pays doit poursuivre ses réformes économiques tout en renforçant ses acquis démocratiques. La succession annoncée sera ainsi déterminante pour la continuité ou la réorientation du modèle engagé au cours de cette décennie.