Revirement politique au Bénin. L'ancien président de la République, Thomas Boni Yayi, a annoncé qu'il exercera finalement son droit de siéger au Sénat, nouvelle chambre haute du Parlement instaurée par la révision constitutionnelle de décembre 2025. Une décision qui marque un changement de cap par rapport à sa position initiale, lorsqu'il avait rejeté le principe même de cette institution.
Dans une déclaration adressée à la nation, l'ancien chef de l'État rappelle qu'il s'était opposé à la création du Sénat dès l'examen du projet de réforme constitutionnelle. À l'époque, il avait clairement indiqué qu'il ne participerait pas à cette nouvelle assemblée, estimant que les conditions de sa mise en place ne répondaient pas à sa vision de la gouvernance démocratique.
Mais, selon Boni Yayi, l'évolution de la situation politique nationale l'a conduit à revoir sa position. Il évoque un paysage institutionnel marqué par un Parlement « monocolore » et par la réduction progressive des espaces de concertation entre les acteurs politiques. Dans ce contexte, le Sénat pourrait, selon lui, devenir un cadre de dialogue susceptible de contribuer à l'apaisement du climat politique.
« Le Sénat pourrait être un cadre de dialogue politique interne destiné à porter la voix et les attentes du peuple », affirme l'ancien président, qui réaffirme son attachement aux droits de l'Homme, aux libertés fondamentales, à l'unité nationale, à la démocratie, à la sécurité et à la paix.
Thomas Boni Yayi précise que son entrée au Sénat ne résulte pas d'une démarche personnelle, mais de l'application de la Constitution. En vertu de l'article 113-3, les anciens présidents de la République remplissant les conditions requises deviennent membres de droit de cette institution. « Je n'en suis pas demandeur, c'est la Constitution », souligne-t-il.
Créé dans le cadre du passage du Bénin à un Parlement bicaméral, le Sénat comprend entre 25 et 30 membres, dont plusieurs siègent de droit, aux côtés de personnalités désignées conformément aux nouvelles dispositions constitutionnelles.
En acceptant finalement d'y siéger, Boni Yayi affirme vouloir collaborer avec les autres sénateurs afin de faire de cette chambre « un vase d'honneur pour les intérêts du peuple ». Il conclut son message en appelant les Béninois à demeurer mobilisés pour la paix, la justice, la sécurité et le renforcement de la démocratie, dans un contexte où le dialogue politique reste un enjeu majeur pour la stabilité du pays.