Le 5 juin 2026 à Bamako, la cérémonie de graduation de treize jeunes chercheurs africains du programme DELGEME Plus a marqué une étape majeure dans la lutte contre la résistance aux antimicrobiens. Ce phénomène, identifié par l’OMS comme une menace sanitaire mondiale, rend de nombreuses infections de plus en plus difficiles à traiter et fragilise les systèmes de santé. En Afrique, l’usage non contrôlé des antibiotiques et l’automédication contribuent à accélérer cette résistance.
Porté par l’Université des Sciences, des Techniques et des Technologies de Bamako et la Science for Africa Foundation, le programme DELGEME Plus vise à former une nouvelle génération de scientifiques capables de proposer des solutions adaptées aux réalités du continent. Durant deux ans, les étudiants ont suivi un cursus exigeant mêlant recherche en laboratoire, santé publique et analyse des politiques sanitaires.
Le coordonnateur du programme, le professeur Abdoulaye Djimdé, a salué une initiative ambitieuse malgré les défis liés à l’enseignement en anglais dans un environnement francophone. Pour lui, ce projet renforce la souveraineté scientifique africaine et la capacité du continent à produire ses propres experts.
Parmi les diplômés, la Camerounaise Kelly Gemandze, major de promotion, incarne l’esprit de coopération scientifique africaine voulu par le programme. Les autorités sanitaires ont appelé ces jeunes chercheurs à transformer leurs compétences en actions concrètes au service des politiques publiques.
Cette première cohorte symbolise le début d’un réseau continental de spécialistes engagés contre les menaces sanitaires émergentes, avec l’ambition de renforcer durablement la réponse africaine face aux crises de santé publique.