Dans les geôles tchadiennes, le sort des opposants du Groupe de concertation des acteurs politiques (GCAP) continue de susciter l’inquiétude. Arrêtés fin avril 2026, plusieurs responsables de cette coalition d’opposition purgent des peines de huit ans de prison ferme après avoir été reconnus coupables d’avoir fomenté une insurrection, alors qu’ils tentaient d’organiser une marche pacifique.
Parmi eux figurent des figures connues de la scène politique tchadienne, dont Max Kemkoye et Nassour Koursami, qui restent incarcérés malgré une dégradation annoncée de leur état de santé. Quatre autres membres du groupe — Bidi Valentin, Kelou Bombaye, Avocksouma Djona et Bokori Ahmed — ont bénéficié d’une liberté provisoire en raison de leur âge avancé et de problèmes médicaux.
Une détention jugée éprouvante
Selon plusieurs témoignages, les conditions de détention des opposants seraient particulièrement difficiles. Ils seraient regroupés dans une même cellule et contraints de dormir sur des planches avec pour seul support un tapis. Une situation qui inquiète davantage leurs proches et les organisations de défense des libertés, en raison de l’âge de certains détenus.
La prison devient ainsi un nouveau front de confrontation entre le pouvoir et ses adversaires politiques. Pour leurs soutiens, ces incarcérations constituent une réponse disproportionnée à une mobilisation politique qui se voulait pacifique.
Le poids du dossier Succès Masra
Le cas de l’ancien Premier ministre Succès Masra continue également d’alimenter les débats. Condamné à 20 ans de prison en août 2025 pour complicité de meurtre, association de malfaiteurs et diffusion de messages à caractère haineux, il verrait lui aussi son état de santé se détériorer selon ses proches.
Son procès, qui a également conduit à la condamnation de plus de 70 coaccusés, reste au cœur des tensions politiques nationales. Pour plusieurs acteurs de la société civile, la libération des détenus politiques pourrait constituer une étape vers l’apaisement dans un pays marqué par de profondes divisions.
Alors que le pouvoir affirme agir dans le cadre de la justice, l’opposition et ses soutiens dénoncent une restriction de l’espace politique. Derrière les murs des prisons tchadiennes, le débat sur les libertés publiques reste plus que jamais ouvert.