Le retour de l’ambassadeur de France en Algérie marque une nouvelle étape dans la tentative de rapprochement entre Paris et Alger après plusieurs mois de fortes tensions diplomatiques. Rappelé à Paris en avril 2025, le représentant français va reprendre officiellement ses fonctions à Alger à l’occasion de la visite de la ministre française déléguée aux Armées, Alice Rufo, ce vendredi 8 mai.
Dans un communiqué, l’Élysée a indiqué que cette démarche répond à la volonté du président Emmanuel Macron de « restaurer un dialogue efficace » avec les autorités algériennes. Cette visite intervient dans un contexte symbolique marqué par les commémorations des massacres de Sétif, Guelma et Kherrata du 8 mai 1945, lors desquels des milliers d’Algériens avaient été tués pendant la répression de manifestations indépendantistes.
La ministre française a participé aux cérémonies officielles aux côtés des autorités algériennes et a reconnu la nécessité de « regarder l’histoire en face ». Elle a notamment rendu hommage au militant algérien Bouzid Saâl, tué alors qu’il brandissait un drapeau algérien lors des manifestations de 1945.
Un climat diplomatique en voie d’apaisement
Cette reprise de contact intervient après une grave crise diplomatique entre les deux pays. En avril 2025, Alger avait expulsé douze agents de l’ambassade de France après l’arrestation en France de trois personnes, dont un agent consulaire algérien, dans l’affaire de l’enlèvement de l’influenceur Amir Boukhors, plus connu sous le nom d’« Amir DZ ». Paris avait immédiatement répondu par des mesures de réciprocité visant des diplomates algériens.
Le retour de l’ambassadeur français est également perçu comme un signal positif dans le dossier du journaliste sportif Christophe Gleizes, condamné à sept ans de prison pour « apologie du terrorisme ». L’organisation Reporters sans frontières a salué cette reprise du dialogue, y voyant un motif d’espoir pour une éventuelle grâce présidentielle accordée par Abdelmadjid Tebboune.
Après près de deux années de relations tendues, Paris et Alger semblent désormais vouloir tourner la page de l’escalade diplomatique et renouer progressivement des relations plus apaisées.