Tout est parti le mercredi 8 juillet 2026, à l’hôtel Astoria Palace de Yopougon, avec la conférence de presse de lancement de la troisième édition de l’Anôh Festival. Quelques semaines plus tard, le rendez-vous culturel a tenu toutes ses promesses sur le terrain. Du 21 au 23 août 2026, la place Alassane Ouattara de Prikro a vibré au rythme des traditions, de la musique, des danses et des expressions culturelles du peuple Anôh.
Placée sous le thème « Culture, facteur de paix et de reconstruction », cette troisième édition s’est voulue à la fois festive, identitaire et porteuse d’un message de cohésion sociale. Même si la conférence inaugurale, annoncée comme l’un des temps forts de l’événement, n’a finalement pas pu se tenir, la fête, elle, a été au rendez-vous durant les trois jours.
Le terroir au cœur de la célébration
Dès la cérémonie d’ouverture, plusieurs groupes de danses traditionnelles du terroir ont conquis le public par leurs prestations. Ils ont été rejoints par un groupe traditionnel agni, apportant une touche particulière à la cérémonie et illustrant, à travers la culture, les liens entre les peuples de la région.
Présent à cette ouverture, le préfet du département de Prikro a invité les filles et les fils du département à renforcer la cohésion sociale autour de la culture, qu’il a présentée comme un espace apolitique, fédérateur et rassembleur.
La cérémonie a également enregistré la présence du directeur régional de la Culture et de la Francophonie, venu témoigner de l’intérêt accordé à cette initiative de valorisation du patrimoine culturel local.
Sarra Kouamé appelle à une mobilisation des cadres
Commissaire générale du festival, Sarra Kouamé a, à son tour, lancé un appel à l’ensemble des filles et fils de Prikro afin qu’ils s’approprient davantage l’Anôh Festival.
Pour elle, l’événement constitue, à ce stade, l’un des principaux espaces permettant au territoire de faire connaître ses talents, ses savoir-faire, ses traditions et la richesse de son patrimoine culturel.
La commissaire générale a également souhaité une mobilisation plus importante des cadres de la région lors des prochaines éditions. Elle espère notamment voir davantage de personnalités originaires de Prikro s’investir dans la promotion et le développement du festival.
Yabongo Lova, Francky Dicaprio et les artistes locaux enflamment Prikro
Sur le plan artistique, le public n’a pas été déçu. Durant les trois jours, de grandes figures de la musique ivoirienne ont assuré le spectacle. Yabongo Lova, Francky Dicaprio et plusieurs autres artistes ont maintenu le public en haleine dans une ambiance particulièrement festive.
Mais la troisième édition a également permis de mettre en lumière les talents du terroir. Miss Ekra, Mawes et plusieurs autres artistes locaux ont confirmé leur place dans le paysage culturel de Prikro.
La révélation de cette édition reste sans doute Delano, sacré meilleur slameur du Sila 2026. Sa prestation a particulièrement retenu l’attention du public et confirmé la volonté du festival d’offrir une tribune aux jeunes talents et aux nouvelles expressions artistiques.
À l’animation, la jeune et talentueuse Na Natacha, de Radio Iffou, a assuré avec énergie et professionnalisme la conduite des différentes séquences du festival.
Plus de 10 000 festivaliers au rendez-vous
L’engouement populaire a été au rendez-vous. Selon les organisateurs, plus de 10 000 festivaliers ont participé aux différentes activités pendant les trois jours.
L’espace du festival a également accueilli une dizaine de stands, notamment consacrés à la restauration et à la mise en valeur des produits et savoir-faire locaux. Cette forte mobilisation traduit l’intérêt croissant suscité par l’événement au sein de la population.
Les concours Miss Awoulaba et Miss Anôh Festival 2026 ont également figuré parmi les attractions les plus appréciées du public, ajoutant une dimension à la fois festive et populaire à cette édition.
Une vitrine pour la culture et le développement local
Porté par l’Association pour la valorisation des arts et de la culture Anôh (AVACA), l’Anôh Festival ambitionne de devenir une véritable vitrine du patrimoine culturel d’Anôh. Au-delà de la fête, l’événement entend promouvoir les arts, les traditions, les talents et les potentialités touristiques du territoire.
À travers sa programmation, le festival veut également contribuer à la cohésion sociale, à la transmission intergénérationnelle des valeurs culturelles et au développement local.
Cette troisième édition aura ainsi démontré que la culture peut constituer un puissant levier de rassemblement. À Prikro, les sons des tam-tams, les danses du terroir, le slam et les musiques modernes ont, pendant trois jours, réuni toutes les générations autour d’une même identité et d’une même ambition : faire rayonner le patrimoine Anôh.
Après trois éditions, l’Anôh Festival semble désormais avoir franchi une nouvelle étape. Reste à transformer cet enthousiasme populaire en un engagement plus large des cadres, des partenaires institutionnels et du secteur privé afin de donner à cette manifestation culturelle les moyens de s’imposer durablement comme l’un des grands rendez-vous du patrimoine en Côte d’Ivoire.