Alors que le Burkina Faso a fermé son marché de bétail à la Côte d’Ivoire, 30 à 90 camions de moutons arrivent chaque jour à Abidjan.

Jeudi 21 Mai 2026 12:00

Au parc à bétail d’Anyama, la forte arrivée de moutons du Burkina Faso alimente le débat sur l’interdiction d’exportation.


Il n'y aura pas de pénurie de moutons en Côte d'Ivoire.
 

Lors d’une visite effectuée le mercredi 20 mai 2026 au parc à bétail d’Anyama, dans le District d’Abidjan, le ministre du Commerce, de l’Industrie et de l’Artisanat, Ibrahim Kalil Konaté, a constaté avec les acteurs de la filière une forte disponibilité de bétail. Le président du Conseil d’administration de la Confédération des fédérations nationales de la filière bétail-viande de l’Afrique de l’Ouest, Issiaka Sawadogo, a salué la démarche et confirmé que le marché est « saturé », avec des convois toujours enregistrés aux frontières de Noé, Ouangolo, Pogo, Drobo et Tengréla.
 

Selon le responsable du site, Goran Modeste, entre 30 et 90 camions transportant chacun jusqu’à 354 moutons sont réceptionnés quotidiennement, traduisant une pression importante sur les capacités d’accueil du parc et une dynamique d’approvisionnement soutenue.
 

Cette situation intervient dans un contexte marqué par l’interdiction d’exportation de bétail décidée par le Burkina Faso vers ses voisins. Malgré cette mesure déjà entrée en vigueur, des transporteurs tenteraient encore de franchir les frontières, notamment en direction de la Côte d’Ivoire, principal marché de consommation dans la sous-région.
 

Dans les zones frontalières entre la Côte d’Ivoire et le Burkina Faso, plusieurs témoignages évoquent la poursuite de passages de camions de bétail, traduisant les difficultés de contrôle et d’application effective de la décision administrative. Les autorités locales restent attentives à ces flux jugés sensibles.
 

La Côte d’Ivoire demeure en effet l’un des principaux débouchés de la filière bétail-viande au sein de l’espace AES (Burkina Faso, Mali, Niger), ce qui renforce les interdépendances économiques entre producteurs et importateurs. Certains observateurs estiment que cette interdiction pourrait peser davantage sur les revenus des éleveurs exportateurs que sur les consommateurs ivoiriens, en raison de la solidité de la demande locale.
 

Des dispositifs de contrôle aux frontières sont également renforcés pour encadrer les flux et limiter les passages non autorisés. Les autorités commerciales suivent de près l’évolution des arrivages afin d’éviter toute perturbation des prix sur les marchés ivoiriens, particulièrement en période de forte consommation.
 

Reste désormais la question de savoir si les éleveurs burkinabè contournent effectivement les autorités ou si des circuits parallèles se structurent pour maintenir les échanges commerciaux malgré les restrictions officielles.

 
Félix N'Guessan
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Félix N'Guessan