L’Algérie muscle son dispositif de surveillance aux frontières. Deux arrêtés interministériels et une décision du ministère des Finances, publiés au Journal officiel n°60, réorganisent le contrôle de la qualité, la lutte contre les fraudes et la surveillance douanière dans les ports, aéroports, postes terrestres et zones sous douane.
Le nouveau dispositif porte à 53 le nombre d’inspections chargées du contrôle de la qualité et de la répression des fraudes. Alger concentre à elle seule huit structures, tandis que Tlemcen, Oran et Illizi en comptent trois chacune. Le maillage couvre également plusieurs wilayas côtières, frontalières et méridionales.
Les inspections seront présentes dans des points stratégiques, notamment les ports d’Alger, Oran, Béjaïa et Djen Djen, mais aussi aux postes terrestres de Maghnia, Debdeb, In Guezzam, Tin Zaouatine ou Bordj Badji Mokhtar. Une couverture qui traduit la volonté d’accroître la surveillance des flux commerciaux et de lutter contre les pratiques frauduleuses.
En parallèle, le ministère des Finances a décidé la création de postes douaniers de surveillance le long des frontières terrestres. Ces unités devront fonctionner en permanence, de jour comme de nuit. Elles auront notamment pour mission de surveiller la bande frontalière, d’appuyer les brigades opérationnelles et de coordonner leurs interventions avec la Gendarmerie nationale.
Reste une inconnue de taille : les moyens. Les textes ne précisent ni les effectifs, ni les budgets, ni les équipements nécessaires au fonctionnement de ces nouvelles structures. Aucun calendrier détaillé de déploiement ni objectif chiffré en matière de lutte contre la contrebande n’est non plus annoncé.
Cette réforme marque donc une volonté politique claire de renforcer le contrôle des frontières. Mais son efficacité dépendra moins du nombre d’inspections que de leur capacité à fonctionner durablement, avec des agents formés, des équipements adaptés et une coordination efficace entre les différents services de l’État.