La demande mondiale, quant à elle, reste faible. Barry Callebaut, premier fabricant mondial de chocolat en vrac, a enregistré une chute de 22 % de ses ventes de cacao au dernier trimestre. En Europe, le broyage de cacao a reculé de 8,3 % sur un an, le plus bas pour un quatrième trimestre depuis 12 ans, tandis que la demande asiatique stagne et que certains fabricants réduisent la quantité de cacao dans leurs produits. Cette contraction structurelle de la consommation contribue à maintenir les prix sous tension.
À ces facteurs s’ajoute un dollar américain renforcé et un contexte géopolitique instable. Le billet vert rend le cacao plus coûteux pour les acheteurs étrangers et limite la demande, tandis que le conflit au Moyen-Orient et la hausse des rendements obligataires américains favorisent le recours au dollar comme valeur refuge. La Réserve fédérale retardant toute baisse de taux, le dollar reste structurellement fort, exerçant un vent contraire supplémentaire sur les prix des matières premières.
Face à ce cocktail de forces baissières, les prix du cacao continueront probablement à évoluer à la baisse tant que la demande mondiale ne se redressera pas ou qu’un choc météorologique en Afrique de l’Ouest ne viendra restreindre l’offre. La chute de près de 70 % depuis les records de 2024 illustre la combinaison d’une offre excédentaire, d’une demande atone et d’un environnement macroéconomique défavorable.