Le constat dressé par le Conseil de sécurité des Nations unies est préoccupant : les groupes jihadistes continuent de consolider leur présence sur le continent africain. Du Sahel à la Corne de l’Afrique, en passant par l’Afrique centrale et le Mozambique, ces organisations renforcent simultanément leurs capacités militaires, leurs réseaux financiers et leurs moyens technologiques.
Au Sahel, le Jama’a Nusrat ul-Islam wa al-Muslimin (JNIM), qui compterait entre 7 000 et 8 000 membres, demeure l’un des principaux acteurs armés. Le groupe aurait intensifié ses opérations au Mali, au Burkina Faso et au Niger, tout en développant ses sources de financement, notamment à travers les rançons. En 2025, celles-ci auraient généré près de 50 millions de dollars. Le recours croissant aux communications satellitaires commerciales témoigne également de son adaptation technologique.
L’État islamique au Grand Sahara (EIGS), estimé à environ 2 000 combattants, accroît lui aussi ses capacités. Au Niger, il serait responsable d’une large majorité des attaques revendiquées en 2026. Sa rivalité avec le JNIM contribue par ailleurs à complexifier davantage le paysage sécuritaire sahélien.
Plus à l’est, l’État islamique en Afrique de l’Ouest et Boko Haram continuent leurs activités autour du bassin du lac Tchad. L’ISWAP aurait revendiqué plus de 174 attaques entre janvier et mai, tandis que Boko Haram multiplie les affrontements et les enlèvements.
En Afrique centrale, les ADF maintiennent une forte pression en République démocratique du Congo. Plus de 80 attaques leur sont attribuées entre janvier et mai, avec plus de 400 morts. Au Mozambique, l’ASWJ poursuit également son expansion dans la province de Cabo Delgado.
Dans la Corne de l’Afrique, Al-Shabaab reste puissant malgré la perte de plusieurs cadres. Ses revenus auraient toutefois fortement diminué à Mogadiscio. Pour l’ONU, ces évolutions confirment la capacité d’adaptation des groupes jihadistes et la persistance d’une menace désormais transnationale.