Au premier jour du sommet « Africa Forward 2026 » à Nairobi, le président français Emmanuel Macron a défendu avec fermeté la politique de restitution des œuvres africaines pillées durant la colonisation, la qualifiant de processus désormais « irréversible et inarrêtable ». Selon lui, cette dynamique, désormais inscrite dans une loi-cadre adoptée en France le 9 mai 2026, ne pourra être remise en cause, même par un futur pouvoir politique hostile à cette orientation.
Cette prise de position intervient dans la continuité de l’engagement pris dès 2017 à Ouagadougou, où Emmanuel Macron avait annoncé une nouvelle approche des relations culturelles entre la France et l’Afrique. Neuf ans plus tard, le bilan reste limité en volume mais symboliquement fort, avec plusieurs restitutions déjà effectives.
Parmi elles figurent les 26 trésors royaux d’Abomey rendus au Bénin en 2020, le sabre d’El Hadj Omar remis au Sénégal, ainsi que le tambour parleur Djidji Ayokwe restitué à la Côte d’Ivoire en mars 2026, après plus d’un siècle conservé en France. Ces gestes, longtemps attendus par les pays africains, s’inscrivent désormais dans un cadre juridique destiné à accélérer et sécuriser les futures restitutions.
Le chef de l’État français a insisté sur le fait que cette loi-cadre, adoptée à l’unanimité, marque un tournant historique. Il a également dénoncé les critiques initiales assimilant cette démarche à une « repentance », estimant qu’il s’agit avant tout d’un acte de justice culturelle et de rééquilibrage mémoriel.
S’adressant aux partenaires africains, Emmanuel Macron a assuré vouloir poursuivre ce « combat » au-delà même de son mandat, affirmant que la dynamique engagée survivra aux alternances politiques en France. À Nairobi, son discours se voulait à la fois ferme et tourné vers l’avenir, dans un contexte où les attentes africaines en matière de restitution restent particulièrement élevées.