À Ouagadougou, l’« affaire Damiba » prend une dimension de plus en plus complexe. Le président de la transition, Ibrahim Traoré, a affirmé que les tentatives de déstabilisation liées à son prédécesseur impliqueraient plusieurs pays jusque-là considérés comme partenaires du Burkina Faso.
S’exprimant à l’occasion du premier anniversaire de la Révolution progressiste populaire (RPP), le chef de l’État a évoqué un dossier « d’une grande complexité », mêlant acteurs étrangers et figures nationales. « Ce que nous avons découvert implique de nombreux pays que nous pensions être des partenaires », a-t-il déclaré lors d’une interview diffusée à la télévision nationale.
Au cœur des accusations, Paul-Henri Sandaogo Damiba, ancien chef de la junte renversé en septembre 2022. Selon Ibrahim Traoré, ce dernier aurait, lors de récentes tentatives de déstabilisation, encouragé une multiplication des attaques afin de disperser les forces de défense et fragiliser la capitale. Des éléments de preuve auraient été transmis aux autorités du Togo, où il se trouvait auparavant.
Extradé vers Ouagadougou le 17 janvier, Damiba fait désormais face à une série d’accusations lourdes, allant du détournement de deniers publics au blanchiment de capitaux, en passant par l’incitation à la commission de crimes.
Malgré la gravité des faits évoqués, le président Traoré a tenu à nuancer son propos, affirmant ne pas nourrir de rancune personnelle envers ses prédécesseurs, y compris Roch Marc Christian Kaboré. Une posture qui n’exclut pas, selon lui, l’établissement de responsabilités dans un contexte sécuritaire toujours marqué par une instabilité persistante.