Chaque saison des pluies ravive les mêmes inquiétudes à Abidjan. Routes submergées, quartiers inondés, glissements de terrain, habitations détruites et pertes en vies humaines rythment désormais les épisodes pluvieux les plus intenses. Malgré les investissements engagés par les pouvoirs publics, la capitale économique ivoirienne demeure fortement exposée aux risques d'inondation.
En 2023, les intempéries ont causé la mort de 30 personnes entre avril et juillet. Les communes de Yopougon, Cocody, Adjamé et Attécoubé ont été les plus durement touchées, avec des éboulements, des effondrements de murs et des centaines de familles sinistrées.
L'année 2024 s'est révélée encore plus éprouvante. En seulement deux jours, les 13 et 14 juin, près de 500 mm de pluie se sont abattus sur Abidjan. Les inondations ont paralysé plusieurs quartiers et provoqué des glissements de terrain meurtriers. Le Groupement des sapeurs-pompiers militaires a recensé 331 victimes, dont huit décès, tandis que le bilan national de la saison des pluies s'est élevé à 35 morts.
Face à cette situation, les autorités ont multiplié les opérations de curage des caniveaux, les déguerpissements dans les zones à risques, ainsi que la construction d'ouvrages de drainage et de bassins de rétention. Ces mesures ont permis d'améliorer la gestion des eaux dans certains secteurs, sans toutefois éliminer le risque.
Car les causes des inondations sont autant climatiques qu'humaines. L'urbanisation rapide, l'occupation des bas-fonds, les constructions anarchiques et l'obstruction des réseaux d'évacuation aggravent les effets de pluies de plus en plus intenses.
Dans cette période de fortes pluies, le défi reste donc entier : renforcer les infrastructures, faire respecter les règles d'urbanisme et sensibiliser davantage les populations. Car au-delà des chiffres, chaque saison des pluies rappelle que la prévention demeure le meilleur rempart contre de nouvelles tragédies.