Ce 29 mai 2026 marque le centenaire de Abdoulaye Wade, ancien chef de l’État du Sénégal et fondateur du Parti démocratique sénégalais. Son parcours, entre formation académique en France et longue lutte politique, a profondément marqué l’histoire contemporaine du pays.
Formé à l’école William Ponty puis titulaire d’une bourse en 1947, Wade poursuit ses études en France. Il étudie les mathématiques au lycée Condorcet à Paris, puis intègre successivement les universités de Besançon et de Grenoble. Il y obtient plusieurs diplômes en droit, économie, philosophie, psychologie et sociologie, construisant un profil académique rare pour l’époque.
De retour au Sénégal en 1960, année de l’indépendance, il enseigne le droit à l’Université Cheikh Anta Diop et exerce comme avocat au barreau de Dakar. Il se fait connaître notamment en assurant la défense de Mamadou Dia lors de la crise politique de 1962, un procès historique du jeune État sénégalais.
En 1974, il fonde le PDS et devient l’un des principaux opposants au régime de Léopold Sédar Senghor, puis à celui de Abdou Diouf. Candidat à plusieurs élections présidentielles, il incarne une opposition persistante dans un système politique longtemps dominé par le Parti socialiste.
Après plusieurs échecs électoraux en 1978, 1983, 1988 et 1993, il remporte finalement l’élection présidentielle de 2000 face à Abdou Diouf. Cette victoire marque une alternance politique majeure au Sénégal. Réélu en 2007, il reste au pouvoir jusqu’en 2012, période durant laquelle il engage plusieurs réformes économiques et institutionnelles.
Battu au second tour de la présidentielle de 2012 par Macky Sall, il quitte le pouvoir et se retire progressivement de la vie politique active. Son influence demeure néanmoins importante dans le débat public sénégalais et au sein de son parti.
À l’occasion de ce centenaire, son héritage est salué malgré les clivages politiques : celui d’un acteur central de la démocratisation du Sénégal et d’une vie entière consacrée à la conquête du pouvoir par les urnes.