Dix ans après sa création, l’African Peace and Security Annual Conference (APSACO) s’est ouverte à Salé, au Maroc, sur fond de profondes mutations du paysage sécuritaire africain. Organisée par le Policy Center for the New South (PCNS), cette dixième édition est consacrée au thème : « Dix ans après : tendances, évolutions et continuités dans le paysage de la paix et de la sécurité en Afrique ».
Les échanges ont été largement dominés par les relations entre l’Alliance des États du Sahel (AES) et la Communauté économique des États de l’Afrique de l’Ouest (Cédéao), dans un contexte marqué par la persistance des menaces terroristes et les recompositions géopolitiques régionales.
Pour Sampala Balima, directrice générale adjointe du Centre national d’études stratégiques du Burkina Faso, la création de l’AES et le retrait du Burkina Faso, du Mali et du Niger de la Cédéao constituent l’événement sécuritaire majeur de la dernière décennie en Afrique de l’Ouest. Selon elle, cette évolution a redessiné l’architecture sécuritaire régionale en créant deux espaces de coopération distincts.
Cette lecture est toutefois nuancée par Garba Abdoul Azizou, chercheur associé au CECRI-UCL et ancien conseiller spécial du président nigérien Mohamed Bazoum. Il estime que les menaces demeurent les mêmes et nécessitent une coopération élargie associant l’AES, la Cédéao et les États du Golfe de Guinée.
Plusieurs intervenants ont souligné les limites des mécanismes actuels face à l’expansion du terrorisme. Tout en reconnaissant les divergences institutionnelles, ils ont plaidé pour un dialogue renforcé entre les deux organisations régionales. Pour eux, la lutte contre l’insécurité exige une réponse collective intégrant les dimensions sécuritaire, politique et socio-économique.
Les travaux de l’APSACO se poursuivent jusqu’au 12 juin avec plusieurs panels consacrés aux enjeux de paix, de gouvernance et de sécurité sur le continent africain.