Cette transformation, décidée par les autorités autrichiennes après plusieurs années de réflexion, répond à un objectif précis : empêcher que ce lieu ne devienne un symbole de rassemblement pour les nostalgiques du nazisme. Hitler, responsable du déclenchement de la Seconde Guerre mondiale et de l’extermination de six millions de Juifs pendant l’Holocauste, reste associé à cette demeure malgré le bref passage de sa famille dans l’appartement.
Un lieu longtemps au cœur des débats
Après l’annexion de l’Autriche par l’Allemagne nazie en 1938, le parti nazi avait récupéré la maison pour en faire un lieu de propagande. Après la guerre, le bâtiment a retrouvé un usage civil, accueillant notamment une bibliothèque, une école puis un atelier pour personnes handicapées. Il est resté vide à partir de 2011.
Face au risque d’une récupération idéologique par les mouvements néonazis, l’État autrichien a exproprié le bâtiment en 2016. Une commission chargée de son avenir avait recommandé une utilisation sociale, caritative ou administrative. Finalement, le choix s’est porté sur la police après une rénovation complète évaluée à près de 20 millions d’euros.
Une décision qui divise encore
Pour les autorités, installer un service public chargé de défendre l’État de droit dans cet endroit constitue un message symbolique fort. L’historien Florian Kotanko estime que la police actuelle, dans une Autriche démocratique, ne peut être comparée aux institutions répressives du régime nazi.
Mais certains habitants regrettent une autre orientation. Eveline Doll, porte-parole de l’initiative « Diskurs Hitlerhaus », estime qu’une occasion historique a été manquée pour créer un espace consacré à la paix, à la démocratie et à la mémoire.
Au-delà de son architecture désormais sobre, la maison de Braunau reste un lieu où s’affrontent deux visions de la mémoire : effacer le pouvoir symbolique d’un dictateur en donnant une nouvelle fonction au bâtiment, ou conserver un espace de réflexion permanente sur les crimes du nazisme.